CHAPITRE VIII
Chateaubriand. Il a eu ses éclipses, ses retours d'éclat, et la mode le favorise encore quelquefois. Les artistes et les littérateurs y cherchent et y trouvent de beaux effets. Mais une religion qui se prête à devenir matière d'art ou procédé littéraire s'expose à déchoir : on commence par s'en servir, on arrive à en jouer et on finit par s'en jouer.
Senancour a entrevu ces divers aspects de la question ; mais il ne se proposait sans doute pas de la traiter à fond. Dans les Observations, il répond à la religion politique de M. de Bonald (par sa Note sur le divorce) comme à la religion esthétique de Chateaubriand. C'est que pour cet esprit essentiellement religieux, malgré quelques allures voltairiennes, la religion, dès qu'on en voulait traiter, dès qu'on prétendait en vivre et en faire vivre les autres, ne devait être ni esthétique ni politique, mais purement et simplement la religion.