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« Quand on ne sépare pas de l'idée de l'ordre l'idée de la vérité, si l'on se propose d'avoir de l'influence par ses écrits, c'est dans l'avenir. Celle disposition pacifique et silencieuse en quelque sorte méritait peu d'animadversion. Ecrire sur des objets importants sans amour de la vérité, ce serait trop descendre. »
Notre philosophe n'était pas de ceux qui descendent volontiers et contribuent avec un triste zèle à faire descendre les autres; il aimait au contraire à s'élever et, dans son ascension ininterrompue, il eût voulu entraîner à sa suite tous les esprits dignes de chercher le vrai et de goûter le bien. Cet homme qu'on a trop souvent représenté comme un désespéré, d'après une œuvre isolée et d'une interprétation difficile, Oberman, se réfugiait vers la fin de sa vie et se complaisait dans la plus haute espérance.
L'acquittement s'imposait. Il fut prononcé avec une certaine solennité le 22 janvier 1828. Le premier président, Séguier, avait tenu à présider lui-même la Cour. Le 26 janvier, Dubois (de la Loire-Inférieure), rendant compte de ce procès dans le Globe, écrivait : « Le prévenu et l'avocat ont apporté dans leur défense une fermeté si modeste, une tranquillité d'esprit si parfaite, que cette séance d'un tribunal avait l'air d'une conférence paisible. » L'arrêt fut presque unanimement approuvé par la presse libérale, le Courrier, les Débats (23 janvier), la Gazette des tribunaux (même date), la Pandore (24 janvier), le Constitutionnel (23 et 24 janvier). Je relève ces indications sur les notes mêmes de Senancour. J'y vois aussi qu'il fit une visite au président Dupaty et une autre à M. Séguier, sans rencontrer ce dernier. Le surlendemain du jugement, il lui écrivit pour le remercier. Parmi les personnes qui, selon son expression, prirent beaucoup de part à son