INTRODUCTION. XV
et surtout de me rendre compte de ce qu'avait pu être une prédication qui produisait alors des effets si extraordinaires. Un tel travail, sans doute, eût mieux convenu à quelque érudit d'outre-monts ; celui-ci eût eu, pour l'accomplir, des facilités et des ressources qui m'ont manqué. Pour excuser mon intrusion dans un sujet qui semblait appartenir plus particulièrement aux compatriotes du saint, on me permettra d'invoquer un précédent. Quelques années après la mort et la canonisation de Bernardin, le roi de France, Louis XI, envoyait à la ville d'Aquila, qui possédait ses restes, une très riche châsse en argent doré, et le Pape ordonnait que le corps y fût aussitôt placé. Je n'ai certes pas la présomption de rapprocher du don magnifique d'un roi l'œuvre modeste d'un écrivain ; mais j'ose espérer que le saint moine italien qui a laissé son corps reposer quelque temps dans une châsse française, ne verra pas de mauvais œil que, dans un livre venu aussi de France, on ait tenté de faire revivre sa figure.