LE PETIT PATROUILLEUR. J01E3 ET DEUILS DE INOEL
(9 Novembre — 31 Décembre 1914)
A Virginy, Taccueil des majors du 4e colonial fut charmant, u MM. Hutre, Bernard, Vidal, Cheynel,Daillaud, » tous ces noms sont recueillis avec reconnaissance dans Tagenda. L'aumônier est confus des petits soins dont on l'entoure ; « sommier, édredon, travergin ! poêle! » Du moins, « la fusillade continuelle qu'il entend toute la nuit » iui prouve qu'il n'est pas loin de ses enfants.
Le succès d'une entreprise dépend souvent des premiers contacts. Le lendemain fut jour de « présentations »... sous les marmites. Plusieurs officiers lui dirent : « Vous arrivez à propos ; nous vivions comme des païens ! »
Dès le matin du il novembre, après une messe où Ton se « serait cru aux catacombes » et qui parut aux assistants a plus impressionnante qu'un office de cathé-drale », l'aumônier partait pour Massiges et inaugurait ces causeries interminables, dont il devait jusqu'au jour de sa mort tirer un si merveilleux profit pour la transfiguration des âmes.
A l'heure de la soupe, il est au poste de secours du
8° colonial; on lui fait place comme à un ag-ent de liaison qui serait en tournée. Il paiera largement son écot en cigarettes et cigares. Cet homme noir n'a rien d'un rabat-joie : « la gaîté est aussi continuelle que les balles ». A la première qui siffle, l'un des quatorze dit négligemment : « C'est Fritz. » A la seconde, qui semble venir d'une autre direction, quelqu'un dit encore : « Ça, c'est Berlingot. » Fritz? Berlingot? le Père Lenoir n'était pas encore familiarisé avec l'argot des tranchées. Il interroge, et l'intérêt qu'il prend aux explications redouble la bonne humeur.
Puis, chacun fait les honneurs des « trucs » qu'il a inventés pour aménager l'abri : « fourneau, glace, table, tableaux, fauteuils, décrottoir, stores, vitres, projections, dont ils ont usé, avec lanterne et plaques ». Un Parigot a môme sauvé des ruines de Massiges un gibus, pour dire le monologue.
Les causeries ne sont pas partout aussi faciles. Aux tranchées de tir, il faut se contenter de quelques « mots de sympathie et de banalité » ; mais si brève que soit la visite, l'aumônier est en train de se gagner les cœurs, — ou plutôt, non, cette expression l'eût choqué, — de les gagner à Jésus-Christ.
Certaines de ces conquêtes furent rapides, et, pour ainsi dire, en coup de foudre. Des amis du Père Lenoir, qui ne connaît le délicieux récit intitulé « Le Petit Patrouilleur »*, l'histoire de ce jeune Parisien, — de son vrai nom Achille R***, — fils d'une mère juive et d'un père libre penseur, qui en quelques semaines de christianisme s'éleva si haut vers Notre -Seigneur? Ces pages ne s'elfacent guère du souvenir. On sait moins que ce merveilleux chapitre de Légende dorée est, jus-
^ Paru d'abord dans la revue du collège de MarnclTe, En Fninille, n'^ de l*à((ucs \9\'b, i-éédité dans l'Eucharistie au Eruid (collection IlosUa, y, lue Moiil|)laisir, Toulouse).
AUX TRANCHÉES li«
qu'aux moindres détails, minutieusrement authentique. Le contrôle de l'agenda permet de Taftirmer. Or c'est le second jour de sa « vie nouvelle », le 12 novembre, que le Père Lenoir fut favorisé de cette rencontre.
Pourquoi le taube parut-il au moment précis où je passais dans cette tranchée?... Le clairon sonna la retraite ; si pressé que je fusse, il fallut, bien à contre-cœur, m'arrêter et me tapir dans le premier terrier venu. Un engagé de vingt ans, aux grands beaux yeux noirs d'Israël, y fourbissait son fusil. Nous causâmes...
L'enfant avait grandi seul, sans affection, tour à tour mécanicien, dessinateur, garçon de café, aviateur, cherchant en vain à satisfaire aux besoins d'argent d'un père alcoolique et d'une mère frivole. La guerre lui avait apporté ses premières joies, a Enfin, j'allais pouvoir faire quelque chose de bon ! » Blessé dès le mois d'août, il avait refusé l'ambulance : u Amocher des Boches, il n'y a rien de tel pour guérir de ses blessures ! » Le mois dernier, mis en faction derrière une meule de paille à Massiges , on l'avait oublié. Quatre jours et quatre nuits, il était resté là sans vivres, épuisé, mais trouvant tout naturel de ne pas quitter son poste. Pour s'occuper, il avait ramassé dans les ruines un liyre de prières; derrière sa meule, il l'avait
lu et relu, gravant en sa mémoire ce qu'il en comprenait. . . On devine le reste.
La notation de cette première rencontre se termme,
— mais dans l'agenda seul, — par ces mots : « Larmes aux yeux. Nous sommes amis. Je l'adopte. »
Si l'on songe que le Père Lenoir avait eu la joie le matin même de distribuer dans la grange de Virginy,
— un simple jour de semaine pourtant, — trois cents communions, on comprend qu'après cette expérience des tranchées il pût écrire à ses parents : « Je suis enchanté, ravi, et vois maintenant comment mettre à pro-
fît cette immobilité qui se prolonge. » Et il ajoutait î « D'ailleurs, ne craignez rien pour moi : dans ces tran^ chées, quand on est prudent, com^ie je le suis, il n'y a presque aucun danger, même à quarante et à quinze mètres des Allemands. »
Aucun danger?... Pourtant deux jours plus tard, à propos d'une visite au 1er bataillon du 4e colonial qui tenait « le cratère de Massiges », le carnet enregistre cette équation : « Cratère r= Trou d'enfer, » et l'aumônier note que plusieurs ont été tués à côté de lui.
Au reste, laissons-le condenser lui-même en une page sa vie normale pendant cette première période d'hiver.
Le matin, messe avec sermon dans une grange de Virginy, pour les bataillons qui sont aux tranchées-abris. — On y a transporté un harmonium, et des artistes de profession se chargent des cantiques. — Toujours beaucoup de communions, parfois trois cents et quatre cents. Puis je me rends aux tranchées de tir de la cote 191. — Je me glisse de boyau en boyau, de créneau en créneau, de brasero en brasero, causant, blaguant, prêchant, absolvant, CQmmuniant, écrivant les lettres, essuyant les larmes, distribuant les cadeaux que me permet ma solde scandaleuse, et souvent, hélas! ramassant blesisés ou morts... Le seul fait de voir l'aumônier venir à eux et leur serrer la main suffit à les gagner. Beaucoup, à la dixième ou vingtième fois, en pleurent encore d'émotion. D'autres me font lire les lettres de chez eux; il faut voir la photographie des gosses, trouver qu'ils ressemblent au papa, qu'ils ont l'air militaire. — Tous veulent des nouvelles, savoir si Ton avance, si l'Italie se décide.
De temps à autre, un vieux barbon m'entraîne à l'écart pour me cjire sq^ découragement; et c'est toujours la même formule : ce Ah ! s'il n'y avait que ma peau I Mais il y a la femme et les gosses ! »
Le décor est on ne peut plus propice à la grâce : les balles sifflent, ricochent tout autour, les marmites et les bombes éclatent à droite, à gauche, sans qu'on s'y attende;... ou plutôt il faut s'y attendre constamment. Et c'est l'heure des réflexions et des résolutions. Tous sont heureux de voir alors
passer près d'eux une soutane ; beaucoup en profitent. Ou bien c'est un prodigue qui veut se confesser et redevenir l'enfant du bon Dieu ; ou un brave qui part en patrouille, et veut d'abord se fortifier en recevant la sainte communion. (Oh ! la précieuse custode que j'ai sur moi, attachée à une chaîne d'or 1)
La nuit tombée, je redescends, bienheureux, je vous assure, et bénissant Celui que je porte, pour tout le bien qu'il a daig-pé f^ire par n^a misérable entremise. C'est lui, d'ailleurs, qui me garde; car je vous Je dis à vous, cher dimidiam aiiimm mex, la promenade est dangereuse, les chemins qui^ mènent aux tranchées sont repérés par les mitrailleuses allemandes... Tout du long on risque s^ peau. D'ailleurs je vous avoue humblement que si, dès la première bataille, j'ai pris sans peine l'habitude des balles, par contre, depuis quatre mois et plus, je n'ai pas encore pu m'habituer aux marmites quand elles tombent à côté de moi : et là-haut c'est constant. J'ai honte de mon manque de confiance en Notre-Seig-neur; \\ sauveg-arde mon humilité; rnais j'aimerais mieux avoir et l'humilité et la confiance complètes. Ce qui me coûte beaucoup plus, c'est l'eau et la boue. Il faut circuler sous la pluie battante, les pieds dans l'eau, de la houe .jusqu'à la tête; d'où chaque rnatin une heure de nettoyage pour le plus gros, car je ne fais pas venir icj mon ordonnance*.
Nettoyage d'autant plus difficile que raumônier, sou^ cieux de n'enlever à son ministère aucune chance d'efficacité, gardait la soutane. « Je la relève de nion mieux, écrivait-il; mais je reviens chaque sqir felanQ oii jaune, suivant les secteurs*. »
Terminons tous ces détails par ui^ mot révélateur, qui rendra le Père Lenoir encore plus, cher à ses anciens élèves.
Parfois, la nuit doit se passer entière à chercher ou à con-
1 Lettre au Père Courbe, du 1S décembre , complexée par quelques détails d'une lettre à ses parents du 4 janvier 1015. ' A ses parents, 19 décembre 1914,
soler les blessés ; mais les veillées forcées de MarneiTe m'y ont entraîné, je n'en soufî're plus du toul^
Telle fut, jusqu'à sa blessure du 5 février, l'existence ordinaire du Père Lenoir, du lundi au vendredi de chaque semaine, sans aucune exception. Son carnet de campagne permet de le vérifier au jour le jour.
Quand il redescendait à l'arrière, ce n'était pas pour se reposer. Un détail d'abord que je me reprocherais d'omettre, car il complète la physionomie de l'apôtre : il ne partait jamais de là-haut sans être ch'argé, — en plus des lettres qu'on lui confiait « pour qu'elles arrivent plus yite », — des commissions les plus disparates. Veut- on, par exemple, une partie de la liste du 14 novembre, simplement les emplettes pour le poste de secours de Virginy?... Je transcris textuellement : (( Tabac, cigarettes, cigares, allumettes, cartes postales, crayons à l'aniline, pétrole, huile et vinaigre, beurre, fromage, macaroni, poivre, ail, oignons, confitures. »
Mais évidemment ces soucis n'étaient qu'un tout petit accessoire de ses fins de semaine. Avec des paroissiens dispersés sur quinze ou vingt kilomètres, le service dominical n'était pas une sinécure. Voici l'esquisse d'un dimanche pris entre beaucoup d'autres :
Il est bien tard, mais la fête de notre Mère Immaculée ne se finira pas sans que je vous écrive, cher Père et excellent ami !... la fête serait incomplète, si je n'en partageais les joies avec vous.
Car j'ai eu de grandes joies. Prévenu beaucoup trop tard de ces prières nationales (ordonnées par les évêques), je n'ai pu que solenniser un peu plus les offices d'aujourd'hui, la Sainte Vierge s'est chargée du reste. Après mes deux messes habituelles dans deux cantonnements des environs [Dommartin et Gourtémont] avec sermon à chacune, splendide musique, toute pieuse, du 1^'' génie, — cent communions à l'une, six cents à l'autre, — j'ai galopé jusqu'aux tranchées
^ A ses parents, 4 janvier 1915,
AUX TRANCHEES 123
pour y porter la sainte Communion* et grâce toujours à mon coursier, j'ai pu revenir à temps pour le salut en un troisième cantonnement [Hans] où je devais prêcher encore. I^a journée s'est terminée par plusieurs u retours » au long de la route, et des causeries de w direction » avec quelques jeunes gens d'élite, que je suis tant bien que mal, depuis quatre mois,... d'où deux vocations à peu près décidées, sous les auspices de la Sainte Vierge. Ajoutez à cela le bilan de la semaine, dans les tranchées, c'est-à-dire environ deux cents retours et un baptême, plus, des centaines de communions, et vous conviendrez avec moi que la Sainte Vierge est bien bonne*...
C'est au soir de ces dimanches que, pour compléter son jour de repos, le Père Lenoir répondait aux lettres de la semaine. Chez cet homme qui avait déjà tant d'autres dons, la facilité de correspondance paraissait tenir du prodige. Des qualités maîtresses de Fépistolier, il avait particulièrement les impressions primesautières et les afTections profondes'.
* Une lettre du 4 janvier 1915 à ses parents précise que, depuis quelques semaines, au sortir de la messe de 10 lieures à Courtémont, il portait ainsi toujours la sainte communion à Virginy el à Massiges; en galopant bien à travers champs, il était rentré à Hans pour le salut de 3 heures.
* Au Père Courbe, 13 décembre i9l4.
' La puissance d'affection du Père Lenoir ne se fixait pas seulement s-ur les personnes. Au cours d'un déplacement vers la tin d'octobre, un de ses confrères lui avait raconté la ruine de TAction Populairb de Reims. D'un esprit largement ouvert à toutes les entreprises capables d'étendre le règne de Dieu, le Père Lenoir avait une haute idôc de ce « centre d'études, d'informations et de propagande, à la fois sociales et religieuses »; qui, fondé en 1903, s'était si merveilleusement développé. Il interrogea anxieusement. Il se fit raconter par le détail les bombardements successifs, puis l'incendie du 19 septembre qui, avait tout dévoré, mobilier, livres et collections, jusqu'aux documents enfouis dans les caves. Rentré à son poste, il écrivait au Père Courbe : • Le Père Rigaux m'a dit le désastre de l'A. P. de Reims : tous les papiers détruits par le bombardement! C'est la ruine de dix ans de travail, et de quel travail! Vise mese non sunt viœ vestrœ... » (lettre du 28 octobre 1914).
Dès le début de 1919, VAction Papui.AinB a regroupe ses collaboi-aleurs nu fur et à mesure de leur démobilisation et s'est remise au travail à Paris.
Mon petit Bob, écrivait- il ainsi à l'un de ses Marneffiens, je voudrais causer longuement avec vous,... et j'ai encore une vingtaine de lettres à écrire avant de m'étendre sur rn^ botte de paille, excusez- moi...
Et malgré cette excuse, la lettre a six bonnes pages d'une écriture serrée, sans aucune marge.
Après cela, on ne s'étonne plus que des officiers du G. B. D. de Hans aient pu dire : « Quand nous revenions de jaser ou de ravitailler, parfois à 1 heure du matin, le Père Lenoir était toujours là en train de faire ses sermons »..., ses sermons ou sa correspondance.
Sur cette existence déjà si mouvementée, que l'au^ mônier appelle sa « vie normale^ », des événements imprévus allaient jeter une lueur tragique.
11 n'est point sûr que les affaires sanglantes de la fin de 1914 aient eu un but strictement militaire. Après cinq mois d'un silence fécond, le Parlement français était sur le point de se réunir. Le Gouvernement crut-ij nécessaire d'avoir, pour appuyer sa déclaration d'ouverture, des faits de guerre nouveaux et réconfortants?... On l'a beaucoup dit. A d'autres d'en décider.
Toujours est-il qu'une semaine avant Noël, sur une très grande partie du front, l'annonce d'une prochaine na3rche en avant s'affîrnia soudain, avec une intensité qui ébranla les plus sceptiques. Sur les cartes d'étatmajor, chaque unité traça soigneusement son axe de marche en vue de la poursuite « décisive ».
Ce déclenchement correspondait trop aux secrets désirs du Père Lenoir pour qu'il ne vibrât pas à ces espérances. Depuis le 24 septembre, où il écrivait déjà,
* A ses parents, 3 janvier 1915.
— après huit jours d'arrêt seulement — ! « Cette longue inaction nous énerve, » il avait eu le temps d'observer la lente démoralisation produite par « cette vie abracadabrante-où les hommes se fatiguent, s'usent à souffrir indéfiniment à la même place, craignant sans cesse un projectile contre lequel ils sont sans défense, sans voir aucun résultat, sinon que chaque jour les rapproche plus de l'ennemi^ ».
Cette fois, <( l'imminence de la marche en avant » est telle, qu'il n'hésite point à intituler ainsi une lettre à l'un de ses anciens élèves : « 19 décembre 1914, veille d'une grande date dans l'histoire de la France... » Et à ses parents, le même jour, il disait : « Demain sera une des plus grandes dates de la guerre... J'espère que nous ne serons pas obligés de nous enfouir à nouveau avant d'avoir franchi la frontière. »
Nous n'avons pas à dire pourquoi cette tentative échoua. V
Bornons- nous à préciser quelle fut l'action du Père Lenoir pendant ces terribles journées.
Chez les coloniaux de la 2® division , on a souvent remarqué, dans la manière de parler de leur aumônier, une vénération presque superstitieuse. Dans leurs lettres ou sur leurs lèvres, des expressions comme celle-ci ne sont pas rares : « Quand il était là, on était tranquille, nous autres; on savait qu'il ne nous arriverait rien... Son ombre était un fétiche. » Les éclatements des shrapnells lui faisaient une gloire. Son ancien médecinchef du G. B. D. lui écrira plus tard dans le même sens : « Lorsque la nuit, grimpés côte à côte sur le siège d'une voiture à blessés, nous nous dirigions vers les postes de secours de Minaucourt, Massiges ou Virginy, je vous considérais comme ma sauvegarde^. »
* Au Père Courbe, i3 décembre.
* Lettre de M. Léger, i?5 mars 1915,
Les moins crédules admiraient surtout ceci : un don d'ubiquité, qui le rendait toujours présent là où Ton avait besoin de son ministère. Un tringlot est tué à Hâns d'un coup de pied de cheval : l'aumônier est là (17 octobre). Un incendie éclate à Virginy dans une grange : l'aumônier s'y trouve (28 octobre). Une escouade est ensevelie à Massiges sous un bombardement : l'aumônier est le premier à porter secours (18 décembre), L ordonnance du colonel de la brigade est blessé grièvement d'une balle aux reins : justement l'aumônier se trouve de passage chez le colonel (19 janvier 1915). Le commandant Noël est pris sous une sape effondrée *. « J'entends quelqu'un qui s'avance pour me dégager : c'était le Père Lenoir. »
En nous rapportant ce dernier détail, le Père Decoster^ ajoutait : « Combien de blessés m'ont fait la même remarque ! Une pareille concordance ne s'explique pas naturellement. Son ange gardien le guidait. »
Sans mettre en doute, pour un grand nombre de cas, cette assistance surnaturelle, il est permis de penser que r « omniprésence » de l'apôtre, — puisqu'on a prononcé ce mot, — provenait tout d'abord de sa prodigieuse activité. Le cieln'a pas coutume d'aider ceux qui ne s'aident pas eux-mêmes.
Pour apprécier cette activité, il sera bon de jeter un coup d'œil sur le secteur où elle s'exerce.
De Hans à Virginy, la course, suivant l'itinéraire, variait de dix à douze kilomètres. Quand l'état des pistes ou le bombardement obligeait à passer par Minaucourt, il fallait en compter deux ou trois de plus.
* Le Père Decoster, plus tard aumônier è la 3e division coloniale et chevalier de la Légion d'honneur, se trouvait en 1914 à l'ambulance de Valmy.