CHAPITRE XVII
HIVER ET PRINTEMPS. LES AMES QUI s'ÉVEILLENT
(Février — Avril 1916)
Le 4* colonial occupait dans la Somme le secteur de Rosières.
Le 28 janvier, quand les Allemands, bousculant des territoriaux sur nos positions de Frise , s'avancèrent jusqu'auprès de Cappj, les marsouins avaient été transportés en hâte dans la région. Les contre -attaques vigoureuses de la 6^ brigade coloniale ayant rétabli Tordre , le 4e n'avait pas eu à intervenir
Dès le surlendemain de son départ de Versailles, le Père Lenoir est installé auprès des tranchées, à Méharicourt, dans une maison à peu près respectée par les obus, qu'il taxe d' « installation confortable »
Bien qu'un peu agité, le secteur, écrit-il, « est beaucoup plus calme que ceux de Massiges et de Beauséjour ». On citait, dans une division voisine, une compagnie qui, en quatorze mois, avait compté dix tués. A trois kilomètres des lignes, le comte de Lupel, neveu de Montalembert, continuait d'habiter son château de Warvillers. Plus au nord, le maire de Fra merville , M. Gordier, était également resté en place avec sa famille.
Au 4* colonial, l'accueil fut tel qu'on devait
l'attendre et sans retard les occupations abondèrent. Le Père n'est pas crrrivé depuis deux jours qu'il conclut ainsi une longue lettre à un ancien de Marneffe : « Allons, bonsoir, il est 1 heure du matin. Il faut que j'aille me reposer un peu avant de reprendre, de bonne heure, les confessions et communions, l'organisation d'une chapelle, la visite des « enfants )) dans les tranchées. Vos prières m'y aideront. Merci ^ »
Bientôt les premières épreuves du Livre de Prières commençant à lui arriver, il travaille à leur correction « jusqu'à 2 heures et demie du matin ». C'est ce qu'il appelle passer ses nuits tranquilles chez le colonel (( à Tabri et au chaud ^ »,
Le 15 février^ changement à vue. Ces lieux ne sont vraiment pas dignes des marsouins. On leur destine plus au nord, en face de Dompierre et de Fay, le Bois Commun et le Saillant Philippi. Une vie nouvelle s'ouvrait pour le Père Lenoir, vie de Juif errant, où la perpétuelle incertitude du lendemain allait doubler ses préoccupations et ses fatigues.
Un repos de cinq jours, empoisouDo par les gaz suffocants à Caix (19-24 février),; et l'on se met en route pour le nouveau secteur. La relève s'effectue par Proyart et Chuignes, « en pleine tempête de neige, aveuglante, glaciale, pénétrante, enveloppant tout, hommes, chemins et boyaux. On plaisante quand même. Nos hommes sont admirables. »
Lorsque, huit jours plus tard, il fallut refaire en sens inverse le même chemin et redescendre de cinquante kilomètres au sud-ouest, le temps était tout aussi détestable. L'ordre était arrivé brusquement; Verdun commençait à engloutir les divisions. Etait-ce un départ?
* A Robert du Parc, 8 février.
2 A ses parents, 11 février.
En tout cas, le bel optimisme du Père Lenoir ne se laisse pas entamer. Pour rassurer les cœurs sur le succès des terribles attaques, tout lui est bon. « Pourquoi jurer contre la neige et les bourrasques? Elles sont plus défavorables aux assaillants cju'aux défenseurs. » Et, bien différent de ceux qui, dans les nouvelles du jour, trouvaient sans cesse matière à jeter Falarme, il puisait dans chaque communiqué, même dans ceux qui concernaient Douaumont, de quoi donner du courage. (( Joie du communiqué d'hier au soir, écrit-il le 3 mars. Excellent. Confiance. »
Au lieu de Verdun, on s'arrêta simplement à Demuin pour inaugurer une période d'instruction.
Depuis la fin de décembre, le G. Q. G. français, d'accord avec Douglas Haig, avait décidé une offensive combinée, au nord et au sud de la Somme. Elle s'imposait plus que jamais. Le seul moyen de dégager Verdun était d'attaquer les Allemands sur un autre point du front.
Dans la préparation qiii s'inaugurait à Demuin, les âmes ne seraient point oubliées. Mêlons-nous à la fotde qui remplit l'église le 1er dimanche de Carême (12 mars). Le Père vient de raconter les tentations de Notre- Seigneur au désert. 11 ajoute :
Ces tentations ppuv nt être les nôtres aujourd'hui. Tentations de lassitude d'abord. Jésus a souffert. 11 jeûne depuis quarante jours. « Cela snfîit, lui suggère le démon. Dis que ces pierres deviennent des pains. Les forces humaines ont des limites... « C'est encore ce que le tentateur nous souffle à Toreille : « Mange, repose- toi. Sors du désert, du danger. Devoir, pciiilence, oui sans doute! mais tu en as pris ta part ! »
Oh! défiez-vous! Oui, vous avez souffert non pas quarante jours, mais dix-huit mois, non seulement de k\ faim, mais du froid, de la boue, de la mort présente, dans le désert du cœur ; lassitude bien compréhensible, surtout chez nous Français, si braves, mais si vite fatig^ués ! Mais le devoir est là, situation imposée par Tennemi. Il faut tenir coûte que coûte. Si la ligne cède en un point, c'est la domination allemande, terrible. Ou si par lassitude nous acceptions la paix avant Técrasement de l'adversaire, il faudrait recommencer dans dix ans, vous ou vos fils. Et puis les souffrances passeront. Si éloignée que paraisse la fin, elle viendra. Déjà nous l'entrevoyons par delà la résistance héroïque de Verdun. Ah ! oui, mes amis, tous nos cœurs sont tournés en ce moment vers ces frères d'armes, dont vous avez lu comme moi, les larmes aux yeux, les splendides sacrifices dans le bois des Gaures ou aux abords de Douaumont. Nous les suivons avec angoisse, avec fierté; mais avec la joie de l'espérance aussi. Car de ces côtes de Meuse enténébrées par l'infernal bombardement, une lueur d'aurore monte déjà, l'aurore de la victoire...
La préparation d'une offensive n'exige pas seulement l'entraînement des hommes, mais aussi l'organisation du terrain. Il faut aménager des emplacements de batteries, creuser des sapes, ouvrir des boyaux d'accès, construire et poser des passerelles, prévoir pour les munitions des dépôts abrités et, pour les assaillants, des places d'armes et des parallèles de départ. Travaux fatigants, dont la plupart doivent s'effectuer de nuit. Travaux périlleux , car l'ennemi s'en aperçoit vite et les shrapnells ne sont pas longs à survenir.
Pendant un mois et demi, le 4^ colonial va passer des périodes alternées de six jours, tantôt à ces travaux, tantôt à l'instruction, d'abord dans le secteur de Rosières (du 17 mars au 4 avril), puis de nouveau à Demuin (du 5 au 10 avril), enfin plus au sud, à l'est de Beaufort (du 11 au 21).
Le Père Lenoir adaptera le mieux possible son ministère à ces déplacements.
Un incident, qui eut lieu à Rosières, met en relief l'estime dont l'entouraient tous ceux qui le voyaient à l'œuvre, à commencer par ses chefs.
A l'occasion d'une rencontre de brigadiers, anciens camarades et amis de toujours, un dîner, avec programme musical, avait été donné par le colonel Pruneau. Au milieu du repas, le général Diguet, nullement habitué, dans la 32e brigade coloniale, à voir des aumôniers à des popotes de régiment, questionna le Père sur sa situation. Ce fut le colonel qui répondit. Après avoir fait l'éloge de ce qu'on avait organisé au 4e, il entonna un dithyrambe sur le rôle des aumôniers, et ajouta : « J'en suis si convaincu que je l'ai dit à Joffre, en plein déjeuner. Je lui ai déclaré que si j'avais un régiment épatant, je le devais au moins pour la moitié à l'aumônier : d'antimilitaristes, d'anarchistes et de mangeurs de curé, il a fait des héros, des types qui vont à la messe, et qui se font casser la figure, et chiquement, par foi, foi patriotique et foi religieuse. Alors Joffre m'a regardé de son œil bleu, un peu interloqué. Je lui ai dit : u C'est un fait! ». Làdessus le brigadier du Père Lenoir, le général Têtard, renchérit encore ; et il insista longuement sur la force militaire que les soldats puisaient aux sermons de l'aumônier. A ce moment, la musique entonnait un morceau : <( Eh bien! tenez, continua le général, toute cette musique-là, ça ne vaut pas une de nos messes chantées ! » Et l'on revint sur ce chapitre plusieurs fois encore.
L'aumônier était bien un peu gêné. Mais, plus encore, il devait être heureux de ce témoignage publiquement rendu à la conception qu'il s'était faite, contrairement à la lettre des règlements, de la place et du rôle de l'aumônier militaire.
« D'ailleurs, pour le moment, disait-il dans une lettre de la même époque, je n'ai malheureusement pas
de quoi m'enorgueillir. Ce nouveau régiment est bien peu fervent, et mes efforts ne sont guère couronnés de succès. »
Déjà, dans la précédente période de tranchées, il avait écrit : « Hélas ! je ne distribuerai pas Notre-Seigneur à beaucoup. Les habitués de jadis sont presque tous au ciel et les autres ne connaissent pas le don de Dieu*. )) — (( Au point de vue religieux, confie-t-il encore, peu de satisfactions. Cérémonies à peu près impossibles. La masse n'est pas attçinte. .Et puis, on est un peu fatigué. Pas de pessimisme ; mais de la lassitude et, chez plusieurs nouveaux . du mauvais esprit-. ))
Cependant on se repose, on se refait. Au dehors, la température s'adoucit. Le printemps est en marche. Et c'est aussi le soleil de la grâce qui se lève dans quelques âmes. Aux approches de Pâques, l'apôtre redouble de vigilance, comme un bon jardinier qui sent venir l'heure où les fleurs éclosent. Parmi les conversions de cette période, celle du jeune « Parigot » est des plus typiques.
Un Parisien de dix-sept ans, non baptisé, ignorant de tout en religion, charmant par ailleurs, très ouvert, très éveillé, arrive au régiment la semaine dernière. Dimanche matin (12 mars), à Theure de la messe, un autre gamin de dix-sept ans, excellent, car il a passé par un patronage, et à qui j'avais recommandé d'amener des camarades, n'en ayant pas trouvé, avise le nouveau venu qu'il n'a pas encore abordé : « Tu viens à la messe avec moi? » Estomaqué, l'autre finit par céder en curieux. 11 ne comprend rien ni aux cérémonies ni à
* Au R. Père Tenneson, 3 mars.
* Au capitaine Monnicr, 20 mars.
mon sermon, sinon qu'il faut se mettre bien avec le bon Dieu, et, pour ce dernier motif (comme Frecl)\ va à la communion avec les autres. Or, à peine a-t-il reçu la sainte Hostie, qu'il entend une voix intérieure. « Je vous assure que c'était une voix qui me parlait au dedans et me disait : Fais-toi baptiser, fais-toi baptiser! » Après la messe, pendant la soupe, la voix le poursuit, l'obsède, jusqu'à ce qu'enfin, dans l'après-midi, il se décide. Il cherche l'inconnu du matin : « Mène-moi à l'aumônier. » L'instruction a été vite faite, carie gosse est intelligent comme un Parisien, et le baptême a été des plus touchants, avec le chef de bataillon pour parrain... Et moi donc, si heureux d'avoir ce fait, scandaleux pour certains, mais bien probant de l'action de Jésus dans l'Eucharistie ! Cette charmante petite ame est déjà si transformée, que je soupçonne le bon Maître de vouloir la ciseler rapidement.
« Ne publiez pas cela, » ajoutait -il en racontant ce trait au Père Courbe. Mais, en vérité, pourquoi taire une merveille de la grâce? L'histoire de cette première communion avant le baptême montre à tout le moins que, même en un cas où il ne saurait être question de communion sacramentelle, Jésus dans l'Eucharistie peut agir puissamment sur une -âme. Pourquoi même, suivant la suggestion du R. P. Longhaye, n'y verrait-on pas « une belle preuve, entre autres, que la présence réelle ne dépend pas de la foi du communiant^ » ?
Ainsi la bonne semence recommençait à lever, et tout particulièrement chez ceux que leur colonel qualifiait plus haut d'une manière un peu rude et que l'aumônier appelle tout simplement ses « chers aDaches o.
Ce mot réclame une explication.
A grouper ensemble, comme nous sommes bien obligés de le faire, certains passages des lettres du Père Lenoir, on risque, auprès de lecteurs non prévenus,
Allusion au récit Deux Marsouins de 1915. î h&lirc. au Père Lenoir, 2G avril 1916.
ce renforcer la légende des « apaches coloniaux » ; et pourtant les régiments de marsouins, rec^-utés à partir de 1915 comme tous les autres, n'en avaient pas plus que le lot commun : c'était la grande exception. Seulement il est incontestable que notre apôtre, si distingué d'allure et si parfaitement aristocrate de manières, avait, à les discerner, à les poursuivre, le goût du bon Pasteur pour les brebis perdues. Sans doute il eut d'autres paroissiens que ceux-là et de meilleui\s ; mais je ne sais s'il en eut de mieux aimés.
Répondant à l'un de ses confrères qui était allé, durant le carême, évangéliser une colonie pénitentiaire près de Tours, il lui criait : « Bravo pour vos Pâques!... Oui, c'est un ministère superbe que j'ai toujours envié, que j'envierai plus que jamais après la guerre ; car les plus attachants de mes enfants d'ici sont ceux qui sortent de ces maisons-là. » Les amis de Dieu ont, encore aujourd'hui, plus de joie au cœur pour un pécheur repentant que pour quatrevingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence.
Ajoutons, pour prévenir toutes les susceptibilités d'amour-propre, qu'avec le temps, ce mot d' « apache » devint sous la plume de l'aumônier un terme d'affection, sous lequel il engloba tous ceux que leur éducation avait tenus dans l'ignorance des vérités religieuses. Il disait « mes apaches » comme tel père très aimant dit « mes grands vauriens — ou mes diables — de fils ».
Sous le bénéfice de ces remarques, les coloniaux les plus chatouilleux sur l'esprit de corps pardonneront certainement au Père Lenoir d'avoir écrit à la fin de mars qu'il éprouva « des consolations indicibles » en voyant « toute une bande d'apaches parisiens déclenchée par le petit néophyte y> dont nous avons parlé. « 11 en a déjà ramené six autres », écrira-t-il bientôt lu'ù Pcre rêve de fonder pour eux une confrérie, et au
milieu d'avril c'est chose faite : « Me voici à la tôte d'une congrégation d'apaches de 17 à 22 ans^.. »
Ils ont tous un casier judiciaire des mieux fournis (meurtres, cambriolages, outrag^es aux mœurs, etc.); mais nous lirons demain à la messe Tévangile de sainte Marie-Madeleine. Bien entendu, je les mets tous au régime de la communion quotidienne, autant que le permettent les travaux et le service et les distances. Le dernier venu était un vrai Nicodème : la nuit, avec des précautions infinies pour ne pas être vu, et prière de ne pas lui dire un mot devant les autres ; mais il sentait le besoin de changer, de se laver, de se nourrir. Je riais beaucoup et le plaisantais ; mais j'en passais par toutes ses timidités. La grâce n'a pas tardé à agir et hier, subitement, il s'est déclaré devant tout le monde. Vous ne sauriez croire tout ce que j'ai détruit, ces jours derniers, de photos abominables... Mais qu'est-ce que cela parmi tant de brebis égarées et récalcitrantes^?
Rien n'est communicatif comme le feu. La marque par excellence de l'apôtre est de savoir allumer en d'autres cœurs la flamme du zèle. C'était un des secrets du Père Lenoir; par là il atteignait jusqu'au fond des escouades ceux qu'il n'avait jamais vus, même les plus rebelles.
« Malgré les travaux, écrit un de ces jeunes apôtres momentanément éloigné de son aumônier, je peux assister deux jours sur trois au salut et j'amène toujours avec moi quelques nouveaux camarades... » Ou encore : « Je tâche de faire le plus de bien possible. L'autre jour j'ai amené un camarade, il y avait huit ans qu'il n'avait fait ses Pâques,... et maintenant il est décidé à les faire ^. »
1 A M. l'abbé Germain, 13 avril.
2 Au Père Courbe, 12 avril.
3 Soldat E. F., 20 avril.
Pour Louis, écrit un autre, vous dites que je suis charitable. C'est peut-être vrai; mais lui pour moi a été bien plus charitable que moi pour lui. C'est un grand cœur et un ami auquel je dois déjà bien des choses. Vous, vous avez continué ce qu'il avait si bien commencé... X. m'écrit de temps en temps. Et s'il revient au 4®, j'espère qu'avec la grâce de Dieu, nous le sauverons*,..
En faveur des nouvelles recrues que lui amenaient ses rabatteurs, le Père Lenoir, en ce carême de 191 G, rappelait chaque soir avec une persévérance obstinée labîme sans fond de la miséricorde divine. Pour les convaincre qu'il n'y avait « pas de crime impardonnable » , il ouvrait simplement le missel à la messe du jour, et commentait un récit des épîtres ou des évangiles de carême, assuré que ce contact permanent avec la liturgie assurerait à sa parole plus d'efficacité que les plus belles raisons.
Ainsi, le samedi après le 2^ dimanche de carême amène à l'évangile l'histoire de V Enfant prodigue; c'est le sujet traité à Rosières ce soir-là (25 mars). Deux jours après, le 3e lundi de carême rappelle la guérison par Elisée du lépreux Naaman, généralissime syrien ; l'aumônier la raconte et ajoute que la lèpre du péché n'est pas plus difficile à guérir. La messe du samedi suivant, 1^" avril, rapporte le pardon de la Femme adultère ;he\le occasion de présenter « la plus grande misère devant la plus grande miséricorde ». Avec la même rigueur liturgique, le Père utilise encore à Demuin, le 5 avril, la guérison de V Aveugle-né ; le 6, la résurrection du Jeune homme de Naïm; le 7, la résurrection de Lazare; enfin à Beaufort, le 11 avril, la préservation de Daniel dans la fosse aux lions; le 12, le Bon Pasteur , et le 13, ainsi qu'il le disait plus haut au Père Courbe et comme en témoignent ses
1 Soldat A. B., 22 octobre 1915.
feuilles de sermons, la conversion de sainte Marie- Madeleine.
Le Lundi Saint, en envoyant aux siens un brin de rameau béni îa veille, il annonce qu'il aura la consolation de faire à Beaufort toutes les cérémonies de la Semaine Sainte. « Mais la consolation est petite, ajoutet-il, vu la peine de ne pouvoir réunir mon régiment avant la semaine prochaine. J'attends avec impatience la fin de cette période de travaux, pour fêter solennellement Pâques, huit jours en retard. »