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vous : toute l'argenterie qui couvre cette!» bte vous appartient , et je vous supplie de permettre qu'elle fasse désormais partie de vos bagages. Peut-être vous sera-t-elle de quelque utilité pendant la guerre terrible que vous ailes entreprendre.
C'était la première fois que le mot de guerre résonnait aux oreilles de Tom. Jusqu'à présent lady Mitliden avait parlé de dangers à courir , de hasards à éprouver , mais sans préciser eiactement la nature de ces dangers et de ces hasards. En ce moment Tom éprouva plus que jamais le désir d'avoir des renseignements positifs , et regretta vivement que l'absence de l'étranger, qui mieux que personne devait savoir les secrets de l'avenir, se prolongeât si à contretemps. En attendant ces éclaircissements officiels, Tom prit le parti d'interroger lady Mitliden en dissimulant le but véritable de ses questions. Le mot de guerre l'avait ef-
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(rayé. Les instincts pacifiques de sa nature bourgeoise entraient en lutte avec les entraînements de son orgueil.
— Le métier de roi , pensait-il , a donc aussi son mauvais côté?
. — Ainsi, vous croyez, demandât il à lady Mitliden , que la guerre que je vais entreprendre offre de graves dangers ?
— Vous savez cela mieux que moi, et sir Murray deBroughton n'a pas dû vous laisser ignorer les difficultés que vous rencontrerez sous vos pas.
Cette fois Tom faillit se compromettre en demandant à lady Mitliden quel était le personnage qu'elle venait de nommer. Heureusement un éclair de perspicacité lui montra l'inconséquence d'une pareille question. Il réfléchit que sir Murray deBroughton devait nécessairement être son guide de la veille , et il se contenta de répondre avec aplomb :
— Quelles que soient les difficultés que
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nous ayons à surmonter, j'espère que nous les surmonterons avec l'aide de Dieu et l'assistance de ceux qui s'intéressent à ma cause. Lady Mitliden , qui se tenait debout à quelque distance de Tom , s'approcha doucement du fauteuil où celui-ci se carrait , s'appuya sur le dossier et elle reprit mystérieusement :
— Peut-être ne me sied-il pas de me mêler des graves affaires qui vous occupent ; mais vous êtes si bon que je me sens presque le courage de commettre une indiscrétion. Vous avez vu vos plus puissants amis. Êtes-vous content de l'accueil qu'ils vous ont fait?
Lady Mitliden faisait allusion à ce qui s'était passé pendant le sommeil de Tom. Celui-ci se retourna vivement et parvint , non sans effort , à refouler cette question qui lui venait naturellement sur les lèvres :
— De quels amis voulez-vous parler ?
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— Le vieux lord Lovât , continua lady ffiitliden , est un homme dont il est difficile de pénétrer les secrets desseins, mais votre altesse doit savoir combien il est essentiel d'avoir l'appui d'un personnage aussi influent dans nos montagnes , et possesseur d'une aussi grande fortune. Étes-vous content du vieux renard?
— Du vieux renard?... Oui, assez content! dit Tom à tout hasard.
— Quant au jeune Lochiel , ajouta lady Mitlideh, je suis bien sûre qu'à votre vue il aura chaleureusement exprimé les intentions généreuses: d'un loyalisme éprouvé; vous pouvez compter sur lui comme sur vous-même , n'est-il pas vrai , prince? Le chef du clan des Stewarts , le chef du clan Eanald et Boisdole , son frère , Donald de Sleat et le laird de Macleod vous ont-ils* aussi promis leur appui?
Les fils de l'imbroglio dont il était le mo-
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bile pivot se resserraient de plus en plu» autour de Tom , et lui étaient toute liberté d'agir et de parler. Dans cette perplexité, il se décida à employer un moyen pareil à celui dont Molière s'est servi pour donner un dénouement à son Impromptu de Versailles»
— Milady , dit-il doucement , vous plaîrait-fl de me verser à boire ?
La vieille dame se retira vivement, comme une personne qni vient de se brûler les doigts.
— Je comprends votre altesse, dit-elle à Tom en se pinçant les lèvres, et j'avoue que j'ai mérité la leçon que je reçois : il ne m'appartenait pas d'interroger votre altesse sur le résultat de négociations fort au-dessus de ma portée*
Depuis ce moment , la vieille dame n'ouvrit plus la bouche et s'occupa exclusivement de remplir le verre de Tom. Le silence durait depuis quelque temps lorsque le fi-
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déle intendant chargé de faire faction â la porte du château entra dans la salle à manger. Il parla à voix basse à sa maltresse , et celle-ci lui répondit aussi à voix basse ; puis, comme Tom exprimait du regard le désir de connaître le sujet de ce mystérieux colloque, elle ajouta en s'adressant à lui et en élevant la voix :
— Prononcez vous-même. Mon intendant vient me prévenir qu'un voyageur se présente à la grille du château et réclame la permission de se reposer quelques instants. Ce voyageur est fatigué, et la poussière qui couvre ses vêtements atteste qu'il a fait à pied une assez longue route. Mon intendant ajoute qu'il n'a 1W ni d'un espion ni d'un vagabond , et que la noblesse naturelle de ses traits donne une certaine autorité à ses paroles. Dans un temps ordinaire , ces raisons seraient suffisantes, et Dieu merci, l'on sait que jamais lady Mitliden n'a refusé
l'hospitalité ; mais dans les circonstances critiques ou nous sommes , la présence d'un étranger pourrait compromettre la sûreté de yotre royale personne.
— Croyez-vous, milady?
— Je devine vos intentions , Vécria la vieille dame, qui se méprenait sur le sens de cette question, je reconnais la générosité de votre race ! Gomme tous vos ancêtres, en présence d'un malheureux à secourir , vous oubliez volontiers le soin de votre conservation. Il en sera du reste ce qu'il vous plaira, 6 mon prince ; vos volontés ne sont-elles pas des ordres? Voulez-vous que je laisse entrer le voyageur?
— Laissez entrer , dit Tom , que le généreux vin de France disposait à la compassion plus efficacement que sa royale origine.