‹ Un prince anglais, Cardinal-Légat au XVIe siècle Réginald PoleChapitre 24 sur 48 · Cal. of State Papers, Venetian. t. V, n · texte numérisé non relu

Cal. of State Papers, Venetian. t. V, n

rôles, s'obstinait à Texciter encore par écrit. En fait, l'oncle d'Anne Boleyn était sans nul doute très inquiet de l'influence que cette lettre pouvait avoir sur l'esprit du roi et, fort de son crédit, il s'en servit pour menacer la famille Pôle. Atterré à l'idée des conséquences de l'imprudence de son frère, Montagne s'informa si cette missive avait été bien envoyée. Réginald Pôle, sans la moindre hésitation, en convint. Mais sa lettre, ajouta-t-il, ne contenait rien dolïensant et Henri VIII n'avait pu en être blessé. Pour se rendre compte de l'effet produit par ses explications, il conseilla d'ailleurs à Montagne de solliciter une audience.

Le hasard offrit bientôt à ce dernier l'occasion de parler au roi de l'entretien qu'il avait eu avec son frère Réginald. Henri VIII, parait-il, demeura un moment silencieux et pensif, puis il dit avoir lu la lettre. Réginald Pôle ne se trompait pas en affirmant que son contenu ne pouvait le courroucer. En effet, bien que les idées exprimées ne fussent pas les siennes, l'attachement vrai et la sincérité qui les avaient dictées avaient empêché le roi de mal les accueillir (1 ). Henri VIII exprima pourtant à Montagne son désir que Réginald modifiât sa façon de voir, car il saurait ensuite lui prouver combien profonde était son affection pour lui, avance royale qui devait rester sans effet.

Ils étaient rares ceux qui, à la cour anglaise, témoignaient alors dune franchise pareille à celle de Réginald Pôle. Ce langage ferme et sincère ne fut malheureusement pas écouté. Henri VIII avait d'autres conseillers dont les avis avaient plus de chance d'être suivis parce qu'ils flattaient davantage sa vanité et sa passion.

Le texte même de cette lettre adressée au roi n'a pas été conservé, mais le récit que Pôle donna plus tard de l'incident se trouve confirmé par Cranmer, le 13 juin 1531. Cranmer assure que les phrases « étaient écrites avec tant de chaleur et de logique, quoique opposées aux des-

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