LES OFFICIERS DE ROYAL-POLOGNE
De Menou du Mée (Charles-Louis), né le 29 décembre 1751» entre avec rang de sous-lieutenant à Dauphin dragons (20 avril 1768), devient successivement cornette de la compagnie générale dans Colonel général dragons (19 juin 1771), capitaine à Royal cavalerie (3 juin 1779), capitaine en second (15 mai 1784), capitaine commandant (5 août 1787), major de Royal-Pologne à la formation du 1 er mai 1788, colonel (5 février 1792).
Pechinec d'Espbrrières (Gabriel), né à Langres le 15 décembre 1739, lieutenant (14 juin 1757), puis capitaine (19 mars 1760) au régiment de la Tour du Pin, réformé à la composition de 1763, replacé à une compagnie d'augmentation (5 mai 1772), capitaine en second à la formation de 1776, capitaine commandant (7 août 1778), chef d'escadron (1 er mai 1788), lieutenant-colonel (25 juillet 1791); avait d'excellentes notes : « sert très bien » (1775); « actif, assez instruit » (1778) ; « très distingué » (178ï>, note du duc de Brissac).
Forget (Jean-Claude de), né à Versailles le 9 novembre 1757 ; aspirant à l'Ecole d'artillerie de Strasbourg en 1771, lieutenant à la suite du Corps royal (9 sept. 1773), entré avec rang de sous^ lieutenant sans appointements aux dragons de Belsu (6 février 1774), capitaine de remplacement à Royal-Pologne (2 septembre 1784), capitaine en second (1 er mai 1787), pourvu d'une
compagnie à la formation du 1 er mai 1788, chevalier de l'Ordre de Malte.
Chevalier de Fortmanoir (Alexandre-Henri-Pierre Bryet), né le 17 juillet 17C1, cadet-gentilhomme à Auvergne infanterie (6 juin 1776), sous-lieutenant (7 août 1778), entré à Royal Pologne avec rang de capitaine (3 juin 1779J, capitaine de remplacement (28 avril 1788), capitaine d'une compagnie (1 er janvier 1790).
Viney (Jean-Baptiste de), né à Saint- Loup le 21 mai 1752, volontaire (1 er juin 1770), sous-lieutenant (23 août 1774), lieutenant en second (10 nov. 1782), lieutenant en premier (1 er mai 1787), capitaine au 13° cavalerie (25 janvier 1792), puis au 5 e <10 mai 1792).
Achard de la Haye (Auguste), né le 1 er décembre 1769, cadetgentilhomme à l'Ecole militaire de Paris (1 er octobre 1783), souslieutenant (1 er octobre 1789), lieutenant (25 janvier 1792).
Venot (François-Xavier), né le 26 mai 1752 à Salins, paroisse de Saint-Maurice, dans le Jura; sous-lieutenant le 15 septembre
Barrkt de Roux (Marc-Antoine), né le 14 décembre 1770 à Boussorp, district d'Agen, dans le Lot-et-Garonne ; sous-lieutenant le 10 mars 1792.
Gavot (Pierre-Ferdinand), né le 27 novembre 1756 à Amance, dans la Haute-Saône, cavalier dans Artois dragons (9 août 1773- 9 août 1781), sergent dans la garde nationale parisienne durant deux ans et un mois, de 1789 à 1791, nommé sur la proposition du colonel Menou en qualité de fils de citoyen actif sous-lieutenant au 5 e cavalerie (10 mai 1792), fut le seul des officiers qui échappèrent au massacre. Mais on le crut mort et il fut rayé des contrôles du régiment le 20 septembre. 11 se cacha quelque temps dans une maison de la place Bellecour, à l'hôtel de Provence, tenu par une riche veuve, Marguerite Desplantes, et l'amour,
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comme dit M"' des Echerolles, étant né de la reconnaissance, il épousa la dame dès le 27 novembre. Il était à Lyon pendant le siège de la ville en 1793 et il se battit à l'affaire de Saint- Anthème où le général Nicolas fut fait prisonnier. Il était de ceux qui tentèrent, pour conserver les communications avec le Forez, de débusquer les républicains de Rive-de-Giers et qui furent rejetés sur Saint-Chamond, Saint-Etienne, Montbrison, de ceux qui luttèrent à Grezieux, à Tupinier et au pont d'Alai aQn de protéger le convoi de vivres qui venait de Feurs. Le 29 septembre, à l'attaque générale des assiégeants, il se trouvait à Perracbe ; il fut blessé d'un coup de feu et il eut son cheval tué sous lui en chargeant aux cotés de Précy ; aussi, à l'issue de l'action, Précy le nomma lieutenant-colonel et lui confia le commandement de la cavalerie de Pavant garde. Au 9 octobre > lorsque la sortie, comme il dit, devint l'unique ressource des royalistes, Gavot fut de la colonne menée par Précy, et tous les cavaliers qui composaient sa troupe succombèrent. La ville fut prise; la femme de Gavot, guillotinée; son beau-fils, fusillé ; sa maison, démolie; il perdit toute sa fortune qui « montait environ à un million en valeur métallique. » Il a dit depuis, tantôt qu'il avait rejoint l'armée de Gondé et n'avait pu y servir à cause de ses blessures, tantôt qu'il s'était expatrié durant dix-sept ans à cause de son attachement aux Bourbons et qu'il avait voyagé de 1794 à 1815 à l'étranger. En réalité, il s'enrôla dans l'armée républicaine. Dès la fin de 1793, il est maréchal des logis en chef au 13° bis de chasseurs à cheval et il obtient, le 11 janvier et le 25 octobre 1794, du Conseil d'administration, dont il est membre, un certificat de vrai républicanisme. Mais à l'amalgame du 13° bis et du 13 e , le 1 er floréal an lit ou 20 avril 1795, il prend un congé pour régler ses affaires et obtenir sa retraite. Puis, se ravisant, il sollicite sa réintégration, prie Barras, en floréal an IV, de Je faire placer comme adjoint aux adjudants-généraux de l'étatmajor de la place de Paris. En octobre 1800JI est maréchal des logis chef du train d'artillerie. Soudain, il disparaît. On sait seulement que, sous l'Empire, il vécut en Espagne et y épousa une Sévilloise, Maria Pinnero. Dans l'année 1813 il s'embarque à Cadix pour passer aux Etats-Unis, à Philadelphie, où sa seconde
j femme avail un #ère. Deux ans après, il revient en France. "II part de Philadelphie le 25 juillet 1815 dans l'intention
de rejoindre le roi à Gand et arrive à Hambourg le 30 août, à mrr Paris lé 22 septembre. Il demandait de l'emploi. Or, il n'avait fait aucun service ni rempli aucune mission pour le roi pendant son émigration ; aucune des ordonnances royales ne lui était applicable, puisqu'il n'avait été sous-lieutenant que durant trois mois et qu'il ne servait plus depuis 1793 ; enfin il ne pouvait prétendre à une solde de retraite, puisqu'il ne comptait pas dix ans de service. Pourtant il fallait reconnaître les dangers qu'il avait courus en 1792 et en 1793. On le nomma, le 7 février 1816, lieutenant-colonel pour prendre rang du jour de sa nomination au siège de Lyon. Mais il n'oblint qu'un mois de solde à titre d'indemnité, puis un secours de 150 francs, et, par exception, comme faveur et récompense extraordinaire, la croix de Saint-Louis. Toutefois, le 4 juin 1817, sur la demande réitérée du ducd'Escars, son ancien chef aux dragons d'Artois, il fut nommé par le ministre de la marine, Du Bouchage, gouverneur particulier de l'île de Gorée, dépendance du Sénégal. Par malheur pour Gavot, Mole succéda à Du Bouchage et, rapporte Gavot, « ce changement de ministère donna lieu à une intrigue et de fausses dénonciations le firent remplacer dans son commandement. » Le 18 août 1818 il rentrait en Europe. A cause de son âge — il avait plus de soixante ans — il ne pouvait être employé, comme il désirait, dans Tétat-major des places. On le mit au traitement de réforme de 1.000 francs durant cinq ans, du 18 août 1818 au 17 août 1823. Puis, pendant trois années, il ne reçoit plus que des secours : 150 francs en septembre 1823, 100 francs en janvier 1825, 100 francs le 27 mars 1826, 100 francs en juin 1826, 100 francs en septembre 1826, 80 francs à la Saint-Charles de 1826. Finalement, il obtient sur les fonds de Tordre de Saint- Louis, à dater du 1 er octobre 1826, une pension annuelle de 300 francs, qui est portée, à dater du 1 er octobre 1828, à 500 francs. Gavot mourut le 29 avril 1832. Comment s'était-il sauvé dans la journée du 9 septembre, quarante ans auparavant ? Il a écrit simplement qu'il fut «assez heureux pour se soustraire à la recherche des assassins » et encore, que « laPro-
vidence l'a préservé de l'assassinat ». L'abbo)£uillon (Hist. de la Rêvol. fr. dans la ville de Lyon, I, 79 note) dit qu'il « se précipita du haut des murs dans un clos voisin et se sauva ». Alexandrine des Echerolles — qui le nomme M. Desplantes, du nom de la veuve qu'il épousa — écrit, à peu près semblablement, qu'il sauta par la fenêtre de la chambre et tomba dans une petite cour où se promenait un fou qui le fit cacher en un égout et qu'à minuit il partit dans la voiture des Hellecise (M. de Bellecise était gouverneur du château) couché à leurs pieds. (CL pour ce qui concerne Gavot et sa première femme les p. 44, 47, 145, 203 et 214 dans le livre d'Alex, des Echerolles, Une famille noble sous la lenteur.)
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AMANS (p. 36).
Paul-Serge Amans, né le 5 novembre 1765, à Narbonne, fils d'un notaire, soldat aux dragons de Languedoc (20 juillet 1782- 8 octobre 1788), capitaine aide-major dans la garde nationale de sa ville natale, est nommé, comme fils de citoyen actif, souslieutenant à Royal -Pologne ou 5 e régiment de cavalerie sur la recommandation des députés du Midi. Promu lieutenant le 1 er avril 1793, il était aide-de-camp de Carteaux lorsqu'il fut arrêté, ainsi que son général, à la fin de l'année. « On a, écrivait Chépy, trouvé dans sa malle un hausse- col aux armes d'Angleterre, et ce fait est assez singulier. » Mais les deux capitaines du dépôt du 5 e cavalerie, Gilles et Delorme, affirmèrent que Amans avait « le civisme le plus épuré » et qu'il « portait, en arrivant au régiment, ce hausse-col doré aux armes du tyran d'Angleterre, qu'il disait provenir d'un oncle qui l'avait pris à la bataille de Saint-Cast. » Amans fut enfermé au Luxembourg et de là, il écrivait à Robespierre, le 14 janvier 1794 (25 nivôse II), pour lui dénoncer ses compagnons de captivité, notamment Arthur Dillon, et l'avertir que les « grands conspirateurs se faisaient mettre dans les prisons d'arrêt pour être à l'abri de la surveillance nationale et par là mieux servir la cause des tyrans ». Après la chute de Robespierre, le l ,r août 1794 (14 thermidor II), il exprime le désir de paraître devant le Comité pour lui « dire des choses très utiles à la chose publique ». Il était détenu à l'hospice national lorsqu'il fut mis en liberté le 19 nivôse III (8 janvier 1795). Il regagna son régiment; mais dans les pre-
miers jours de floréal an III, c'est-à-dire en avril 1795, il fut arrêté à Marseille par ordre du représentant Chambon, conduit de nouveau à Paris et enfermé au Plessis (18 fructidor III ou 4 septembre 1795}. Il recouvra la liberté le 15 vendémiaire IV ou 7 octobre 1795, après une incarcération de cinq mois, sur la recommandation des représentants ltayard et Oudot. Depuis, sa vie s'écoula sans incident. Après avoir été nommé, par un arrêté du 8 mai 1790, adjudant de place des îles d'Hyères, il est, en l'an VI, lieutenant-adjudant de place de 2° classe à Maestricht. Seize ans après, il passe capitaine-adjudant de 1™ classe dans la même ville. En 1815, il commande à Charlemont. Pensionné avec une retraite de douze cents francs le 19 juin 1816, il est admis, le 22 octobre 1832, comme capitaine titulaire, à l'hôtel des Invalides et il en sort avec sa pension le 1 er décembre 1835, parce que c sa mauvaise santé ne lui permet plus de digérer les vivres de rhô tel sans éprouver des douleurs. »
LES CLUBS DE BESANÇON (p. 228-130).
Le capitaine Legrand a parlé brièvement, dans un de ses mémoires, du club de Besançon : « Tous les fonctionnaires civils et militaires étaient membres, les uns de bon gré, les autres malgré eux, de la Société populaire. Elle était divisée en deux partis, l'un connu sous le nom de modérés, l'autre sous le nom d'enragés. Picbegru y parlait très bien. » (Cf. A. Chuquet, Hoche et la lutte pour V Alsace y p. 94 et les Mémoires du chevalier de Mautort, p. 395-401).
Outre ce club, il y avait à Besançon un club de femmes. Celte Société des amies de la liberté et de l'égalité tint sa première séance le mardi 27 novembre 1792 et la citoyenne Quillene, dans un long discours, engagea ses « sœurs et amies » à être fidèles à la République, à « découvrir tout ce qui pourrait être contraire au bon ordre », et à « employer dans les discussions une douceur affectueuse ». Ces dames clubistes, comme on les nommait, — on cite parmi elles M me8 Vernerey, Voitot, Maugras — demandèrent la mise en jugement de Marie-Antoinette. Elles arrêtèrent que les institutrices seraient invitées à faire apprendre les Droits de V homme aux jeunes filles. Elles offrirent de remplacer les sœurs hospitalières et recueillirent des dons pour les volontaires. Mères et filles venaient tous les jours travailler à l'église des Capucins pour subvenir aux besoins des soldats. Les deux clubs, le club des hommes et le club des femmes, fraternisèrent. Huit ■ citoyennes assistaient à la séance des frères, et huit citoyens à la séance des sœurs. Une de ces sœurs, Emilie Tardy, était fille
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d émigrés et déclarait à la tribune, lorsqu'elle fut admise, qi « les affections du sang ne la feraient pas dévier des principes i liberté et d'égalité. ».
11 y eut môme à Besançon un club de jeunes gens, et les élèv du collège qui s'intitulaient c les jeunos citoyens libres étudia au collège », dénonçaient à la Vedette, au nom de la classe < cinquième, un abbé Devillers qui leur prêchait la contre-ré vol tion et qu'ils menaçaient de fouetter d'importance ( Vedette^ n° 6 19 juin 1792, p. G).
PERCY (p. 166).
Guillaume-Antoine-François de Percy, né à Saint-Pair dans la Manche, le 15 novembre 1744, assure qu'il était d'une très ancienne maison de Normandie « sortie du Danemark », et qu'une branche de sa famille, représentée avant 1789 par le duc de Northumberland, avait passé en Angleterre avec Guillaume le Conquérant. Sous l'ancien régime, il se qualifiait de marquis. Mais son père, dit-il encore, n'ayant que très peu de fortune, avait épousé une demoiselle qui n'avait rien et fait une quantité prodigieuse d'enfants. Volontaire au régiment de la Marche (1760-1762), canonnier (l ep janvier 1763), élève d'artillerie (18 mai 1765), lieutenant en premier au régiment de Toul (25 novembre 1765), il reçoit, comme étant « de la noblesse la plus distinguée et la mieux prouvée », une gratification annuelle de 300 livres pour se soutenir au service jusqu'à ce qu'il ait les appointements de capitaine en premier. Capitaine en second de mineurs (10 mai 1778), capitaine de canonniers au régiment d'Auxonne (11 juin 1786), chevalier de Saint-Louis (15 janvier 1791), il est fait lieutenant-colonel au 2 e régiment d'artillerie le 28 août 1792 pendant le blocus de Thionville. Nommé après sa querelle avec Hesse sous-directeur du parc à l'armée du Nord (11 mars 1793), il ne put se rendre à cetle destination et, au mois de juin 1793, il commandait l'artillerie à l'armée des côtes de Cherbourg, sous les ordres de Félix Wimpffen qu'il avait connu au siège de Thionville. 11 prit part à l'insurrection girondine (cf. les Mémoires de Puisaye, II, 95 et 174, et notre travail sur
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