ACTE PREMIER
PONTBIGIIOT.
Croyez, mon cher M. Veauvardin, que j'ai pour vous la plus vive, la plus sincère amitié.
VEAUVARDIN, à part.
Il doit vouloir une diminution de loyer. (Haut.) Que puis-je faire pour vous?
PONTBIGHOT.
Mais rien I je ne demande qu'une chose : vous voir heureux. Plus on me dira que vous êtes heureux, plus je serai content.
VEAUVARDIN, à part.
Il doit vouloir aussi des réparation.s. (Haut.) Vous êtes la gloire de mon immeuble, vous, un prix Montyon !
PONTBIGHOT.
Je n'ai pas grand mérite à ça.
VEAUVARDIN.
Ah I comme tout ici respire la vertu I Voilà les six sages de la Grèce I
PONTBIGHOT.
Ils étaient sept I
VEAUVARDIN.
Sept I Un de plus que je ne croyais . Ici, Socrate. Là, Minerve, Lucrèce... Ah! tenez, mon cher maître, quand je sors de chez vous, je me sens meilleur ! Madame Veauvardin a pour vous une considération très grande; elle m'a dit: descends chez M. Pontbichot et accorde-lui tout ce qu'il te demandera pour son appartement.
PONTBIGHOT.
Je n'ai rien à vous demander, (a part.) Je ne peux pas imposer des sacrifices à un homme qui va être appelé par ma faute devant un juge d'instruction !
VEAUVARDIN, qui pendaut l'aparté a regardé les murs.
Je veux vous changer ce papier. Il a fait son temps.
PONTBIGHOT.
Eh bien, je le changerai à mes frais.
A vos frais ?
PONTBIOHOT.
Je vous en prie.
VKATIVARDIN.
Alors, je changerai le marlirc de la cheminée de votre chambre. Que pensez-vous d'un beau Carrare?
VIOAUVAUDIN.
Soit, je mettrai le Carrare... Je vous offre le Garnir c.
VEAUVARDIN.
Vous?
PONTBIGHOT, à part.
C'est moi qui lui dois des réparations I vi:auvardin.
Acceptez-vous au moins un fourneau neuf pour
la cuisine ?
PONTBIGHOT.
Tout ce que vous voudrez, pourvu que je paie.
VRAti VAHDIN.
Eh bien, écoutez, je vous laisserai payer tout cela à une condilion.
PONTmclIOT.
Laquelle ?
VICAUV AUDIN.
Vous avez trois mille francs de loyer. Eh bien, je vous mets à deux mille cinq.