‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 12 sur 111 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de considérer J. FR. MECKEL comme le véritable créateur de la théorie du parallélisme. En même temps ils nous permettent de signaler un défaut de la théorie du parallélisme, très sensible dans l'exposé de MECKEL, mais qui se retrouvera plus ou moins marqué dans tous les auteurs qui développeront plus tard cette théorie. Ce défaut consiste en ce qu’elle est fondée sur le développement des organes pris en particulier, car ainsi que le dit MECKEL lui-même, le même animal appartient «par la disposition de ses principaux organes» à des classes ou à des genres différents. Par la disposition de ses principaux organes, c’est peut-être vrai, mais il n’en serait plus de même si l’on envisageait l’ensemble de l'embryon.

À la même époque, E. KR. A. SERRES, en France, donnait un grand développement à la théorie du parallélisme. Il lui attribua un rôle important dans son Anatomie comparée du cerveau (1824), puis il la développa dans une série d’écrits qui se succédèrent à de longs intervalles, de sorte que, chronologiquement, une partie de son œuvre devrait être exposée après celle de Von BAER, si une telle manière de faire n’offrait des inconvénients tels qu’elle doit être abandonnée. Le livre qui renferme la doctrine de SERRES est un volume extrait de l’Encyclopédie nouvelle, et intitulé «Précis d’'Anatomie transcendante appliquée à la physiologie» (1842). Dans cet ouvrage SERRES résume ainsi les rapports des

stades embryonnaires et des formes permanentes. « Considérée sous le rapport de l’organogénie, ditil [p. 96], la série animale répète donc la série embryonnaire, l’une est la reproduction de l’autre; de telle sorte encore que les organismes de l’embryon revêtent transitoirement des caractères que ceux des animaux nous offrent en permanence, tandis que la série animale, à son tour, nous présente une succession d’organismes fixes dont nous retrouvons passagèrement le type dans le cours de la vie embryonnaire». En unmot «/l’organogénie humaine est une anatomie comparée transitoire, comme à son tour l'anatomie comparée est l’état fixe et permanent de l'organogénie de l'Homme » [ibid. p.90]. Cette formule saisissante est souvent désignée en France sous le nom de loi de Serres.

Le succès de la théorie du parallélisme fut en France très vif et très prompt comme l’indiquent les traducteurs du Manuel d’Anatomie de MECKEL, qui ajoutent, d’ailleurs avec beaucoup de sens, que ces idées ne reposent que sur des analogies éloignées [p. 50 note]. Leur témoignage montre que l’on était bien préparé dans notre pays à accueillir cette théorie puisqu'elle avait un si grand succès avant même l’apparition de la traduction française de MECKEL. On ne peut douter que cette préparation soit due à l’enseignement de GEOFFROY SAINT-HILAIRE et de SERRES.

SERRES s’appuyait sur des recherches embryologiques défectueuses, de même ses connaissances sur

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