‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 13 sur 111 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

les animaux Invertébrés étaient peu profondes; néanmoins il entrevit un fait qui devait plus tard, sous la plume de HAECKEL, prendre une portée considérable, c’est l'importance du tube digestif dans l'édification de l’organisme. « On voit donc, en premier lieu, dit-il en 1842, dans son Précis, comment le canal intestinal devient le régulateur des organismes dans l’ébauche première de l’embryogénie» [p.191]. Et beaucoup plus tard, en 1860 (Mémoires de l’Institut) il développa ainsi cette pensée : « Chez l'embryon des animaux supérieurs, c’est le système digestif rudimentaire et le système sanguin composé de veines et d’artères, qui viennent s’ajouter à la masse animale qui le compose. La membrane ombilicale vasculaire et la vésicule ombilicale serviront, la dernière d’estomac et la première de branchie. Dans cet état, l'embryon ne nous représente-t-il pas les Méduses, les Oursins et les Astéries ? L’essence de ces animaux réside en effet dans w#ne poche stomacale, dont les diverticules se prolongent dans l’animal, comme le fait la vésicule ombilicale par son pédicule dans l’embryon.. L’embryon et les Invertébrés ne sont-ils pas des animaux stomacaux?> (1) [p. 354]. Sans doute on ne peut comparer ces vagues indications de SERRES au développement que donnera plus tard HAECKEL à cette pensée que le tube digestif est comme le centre autour duquelse dispose l’organisme,

(1) Non souligné dans l'original.

mais il n’en est pas moins vrai qu’un rapprochement s'impose entre le terme «animaux stomacaux » et celui de gastræa.

A la suite des généralisations de MECKEL et de SERRES, l’idée du parallélisme del’embryologie et de l'anatomie comparée se répandit très rapidement dans les écoles où elle était acceptée avec enthousiasme et aveuglement suivie. Nous avons déjà vu ce que l’on en pensait en France, d’un autre côté, le témoignage de Von BAER que nous rapporterons bientôt montre qu’en Allemagne l'engouement pour elle n’était pas moins vif.

Le grand ouvrage de VON BAER : Sur l’embryologie des animaux, observation et réflexion, t.1, 1828; t. II, 1837, est, suivant l'expression de KOELLIKER (1882, p. 13) «ce que la littérature embryologique de tous les temps et de tous les peuples peut offrir de meilleur », de sorte que Vox BAER mérite d’être considéré comme le « véritable fondateur de l’embryologie comparée» (ibid.); sa prééminence dans les sciences embryologiques est, d’ailleurs, en quelque sorte consacrée par ce fait qu'Oscar HERTwIG place son portrait au frontispice du Traité d’'Embryologie expérimentale el comparée.

Vox BAER divise en scolies et corollaires ses conclusions générales sur le développement. On peut, d’après Oscar HERTWIG (1901, p. 41) distribuer les résultats obtenus par lui en trois catégories: 1° son

opinion sur l’évolution et l’épigenèse; 2° la création

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