‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 14 sur 111 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de types animaux d’après le développement ; 3° sa manière d’être vis-à-vis de la théorie du parallélisme. Nous développerons un peu ces trois points de vue de Von BAER en faisant de larges emprunts à son livre.

1° Il n’est partisan ni de l’évolution ni de l’épigénèse, mais prend une position moyenne entre les deux. Les corps organisés ne sont pas préformés, mais ils ne naissent pas non plus d’une masse informe; de quelque chose d’homogène et de commun sort peu à peu lhétérogène et le spécial, ou, en d’autres termes, tout ce qui est particulier a été d’abord contenu dans quelque chose de plus général. Chaque organe est ainsi une partie modifiée d’un organe plus général et on peut dire qu’il est déjà contenu avec toutes ses parties dans les organes fondamentaux. Ainsi l’appareil respiratoire est une partie d’abord très petite, issue du tube digestif. Il était donc contenu dans ce dernier. Les différences entre les embryons au stade de la ligne primitive sont beaucoup plus grandes qu’entre adultes, et l’on a de la peine à comprendre comment des débuts si différents aboutissent au même résultat. Par conséquent, chaque état de l'embryon envisagé en lui-même ne gouverne pasl’avenir, mais est gouverné, et « l'essence (l'idée d’après la nouvelle école) de la forme procréante gouverne le développement du fruit» (Von BAER 1828, p. 148).

2° VON BAER décrit (1828, p. 259) quatre types fondamentaux d’après leur évolution : 1° le type

radié, dérivé d’un développement qui répète périphériquement des évolutions identiques à partir d'un point central (evolutio radiata); 2° le type mollusque dont le développement (evolutio contorta) enroule en une sphère des parties semblables; 3° le type articulé à développement symétrique (evolutio gemina) qui dispose les choses semblables surles deux côtés d’un axe en les conduisant à une ligne de fermeture opposée à cet axe; 4° le type vertébré, à évolution bisymétrique (evolutio bigemina) qui dispose les parties identiques des deux côtés d’un axe et les ferme en dessus et en dessous de ce dernier, suivant deux lignes de clôture, de sorte que la couche interne du germe est fermée en dessous, la couche externe en dessus.

En dehors du type, VON BAER distingue le degré de perfectionnement qui peut consister en un degré plus ou moins grand de différenciation morphologique et histologique. La différenciation morphologique repose sur une différence d’accroissement des organes primitifs en des portions d’inégale valeur et de fonctions diverses, par exemple celle du tubeintestinal en estomac, gros intestin, intestin grêle, poumon, foie, pancréas; celle du tube médullaire en moelle et cerveau. La différenciation histologique consiste en ce que, de la substance d’abord uniforme des organes embryonnaires, sortent les différents tissus. La différenciation morphologique diffère de l’histologique en ce qu’elle donne des différences relatives, tandis que

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