CHAPITRE II o
existe de si diverses. Ensuite, après avoir rappelé la brillante découverte des fentes branchiales chez les embryons des Vertébrés supérieurs, que venait de faire RATHKE, et qui semblait donner à la théorie du parallélisme une si éclatante confirmation, il examine les objections que l’on peut faire à cette théorie.
Qu'il y ait quelque concordance entre les étapes embryonnaires de certains animaux et l’état définitif d’autres animaux, cela est tout à fait nécessaire et n’a pas la signification qu’on a voulu lui donner. De telles ressemblances ne peuvent manquer, car les embryons ne sont pas hors de la sphère du monde animal et les variations dont le corps est capable sont limitées pour chaque forme, par le rapport interne et l’action réciproque des organes, quelques répétitions sont donc nécessaires [p. 203].
Examinant ensuite les objections une à une, il fait remarquer d’abord [p. 204] que :
19 Si le développement individuel passe par les formes inférieures permanentes, on ne devrait rien trouver chez les embryons qui n’existe au moins dans quelque animal adulte; cependant aucun animal ne porte avec lui sa nourriture dans un sac appendu à l'intestin.
20 Tous les embryons sont entourés d’eau, et ne respirent pas d’air directement. Ils ne peuvent donc répéter les insectes, qui ont avec l'air des rapports si directs et les embryons de Mammifères ne répètent pas non plus un Oiseau adulte.
(Ces deux objections n’ont plus guère de valeur,
les dispositions auxquelles elles font allusion étant liées à l’adaptation de l'embryon à son milieu, on peut les regarder comme des acquisitions nouvelles indispensables, mais il n’en est pas de même de la suivante qui garde encore aujourd’hui toute sa force).
3° L’embryon des animaux supérieurs, à ses différents stades, ne devrait pas coïncider, dit VON BAER, avec les formes inférieures seulement par quelques particularités, mais par son ensemble. Mais cela n’est pas. Si l’on veut chercher l’organisation d’un Poisson dans un embryon humain dont le cœur a une oreillette et un ventricule encore uniques et dont les doigts ne sont pas encore séparés, on ne lui trouve pas cette queue aplatie, ni mille autres choses qui apparaissent bientôt chez tous les Poissons [p. 204-205]. II en est de même si l’on veut comparer une forme permanente à un embryon d'animal supérieur. On dit que les Cétacés ont des caractères fœtaux, parce que leurs testicules sont dansl’abdomen, que certains n’ont pas de vraies dents, que leur sphénoïde est divisé en deux, etc. Mais les autres os du crâne des Cétacés se soudent bientôt et donnent ainsi une apparence de vieillesse. Leurs mâchoires sont longues quoiqu’elles soient d'autant plus courtes chez tous les Mammifères que l'embryon est plus jeune. La concordance avec le Poisson ou avec le Cétacé n’est donc pas la cause de l’organisation de l'embryon.
4° Il ne devrait y avoir, dans la formation de certains animaux, aucun état qui se trouve seulement à l’état permanent dans les plus hautes formes. Et