‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 17 sur 111 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pourtant cela est, non pas chez l'Homme, car il n’y a pas d'organisation plus haute, mais chez les Mammifères. Dans tous ceux-ciles mâchoires sont à l’origine aussi courtes qu’à l’état définitif chez l'Homme.

D'autre part un embryon d’Oiseau coïncide sous divers rapports avec un Mammifère achevé: il n’a pas de bec, ses membres sont semblables entre eux, son corps n’a pas de plumes, mais seulement un vrai duvet, il n’a pas de sacs aériens et ses poumons sont peu développés. Le cerveau des Oiseaux est beaucoup plus semblable à celui des Mammifères dans le premier tiers de la vie qu’à l’état adulte. Les yeux du petit Poulet sont plus rapprochés que plus tard et lui donnent un visage humain. Les jeunes Lézards possèdent un très gros cerveau. La larve de Grenouille a un véritable bec et un intestin très long qui ne se retrouve avec une telle longueur que chez certains Mammifères. Elle est d’abord sans queue, disposition des Mammifères supérieurs et pourtant la Grenouille achevée a une queue interne, le coccyx HD: 260 |:

5° Nous devrions voir naître les organes dans les différentes classes de la même manière qu’ils se forment dans l’embryon des animaux supérieurs, ce n’est pas toujours le cas. Le membre postérieur de beaucoup de Poissons ne consiste qu’en son segment terminal; dans l’embryon des animaux supérieurs c'est toujours la racine du membre qui apparaît la première.

6 Enfin les parties qui n’existent que chez les ani-

maux supérieurs devraient apparaître tard. Or, le tronc de la colonne vertébrale apparaît chez le Poulet avant toute autre partie, comment le Poulet peut-il ressembler à un Invertébré ? [p. 206]. (Cette dernière objection ne porte plus aujourd’hui parce que les progrès de la science ont permis de trouver dans le développement du Poulet, avant la formation des protovertèbres, un stade gastrula représentant une forme appartenant au groupe des Invertébrés, mais le reste de l'argumentation de VON BAER n'est pas diminué par cela et demeure intact comme on va le voir).

Pour avoir une idée nette des rapports des êtres entre eux il faut, dit VON BAER [p. 207], distinguer le degré de perfectionnement du corps — qui dépend d’une plus grande différenciation histologique et morphologique — du type d'organisation qui est donné par les rapports de la position des organes. Or l’embryon atteint peu à peu un degré de perfection toujours plus élevé, mais un type ne passe pas dans un autre [p. 219|.

Le type fondamental se forme d’abord, puis, après, les variations subordonnées. Pour le prouver, VON BAER cite l'exemple bien des fois repris depuis de la grande ressemblance que présentent entre eux les embryons des Vertébrés supérieurs: «Les embryons des Mammifères, des Oiseaux, des Lézards, des Serpents et probablement aussi ceux des Tortues, se ressemblent beaucoup pendant les premières phases de leur développement tant dans leur ensemble que

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