‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 18 sur 111 · CHAPITRE II A · texte numérisé non relu

CHAPITRE II A

par le mode d’évolution des parties. Cette ressemblance est même si parfaite, que nous ne pouvons les distinguer que par leur grandeur. Je possède conservés dans l’alcool deux petits embryons dont j'ai omis d'inscrire le nom, et il me serait actuellement impossible de dire à quelle classe ils appartiennent Ce sont peut-être des Lézards, des petits Oiseaux, ou de très jeunes Mammifères, tant est grande la similitude du mode de formation de la tête et du tronc chez ces animaux. Les extrémités, il est vrai, manquent encore, mais eussent-elles été dans la première phase de leur développement qu’elles ne nous auraient encore rien appris; car les pieds des Lézards et des Mammifères, les ailes et les pieds des Oiseaux, et même les mains et les pieds de l'Homme, partent tous de la même forme fondamentale » [p. 221]. On voit donc, dit-il (b1d.), que d’un type plus général dérive un type plus spécial. Ainsi embryon de Poulet est, d’abord par son rachis un Vertébré, rien de plus. Avec l’allantoïde, c’est un Vertébré non aquatique, plus tard les sacs aériens indiquent l’Oiseau dont les caractères s’accusent encore par les ailes; la membrane qui reliait les doigts disparaît de sorte que le petit Poulet se caractérise comme un Oiseau terrestre ; son bec, ses pattes vont d’une forme générale à une plus particulière, enfin il prend les caractères d’un Poulet domestique.

Moins le développement estavancé, plus se ressemblent des animaux très hétérogènes. Plus deux formes sont différentes, plus il faut remonter haut dans

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leur développement pour trouver une concordance. Von BAER résume toute sa discussion par cette phrase : « le développement individuel des animaux supérieurs ne traverse pas les formes permanentes des animaux inférieurs » [p. 224] et il développe cette idée dans les quatre propositions suivantes :

1. Ce qui est commun à un plus grand groupe d'animaux se développe plus tôt dans l'embryon que ce qui est particulier.

2. Des dispositions les plus générales dérive quelque chose de moins général, et ainsi de suite jusqu’à ce qu'enfin arrive ce qui est le plus spécialisé.

3. Chaque embryon d’un animal donné, au lieu de traverser les autres formes déterminées, se distinvue au contraire de celles-ci.

4. Au fond, l'embryon d’une forme supérieure ne ressemble jamais à un autre animal, mais seulement à l'embryon de ce dernier [p. 224|.

Ces principes ont une importance capitale Ils ont subi l'épreuve du temps sans rien perdre de leur exactitude ni de leur force comme on le verra plus loin, et ils condamnent absolument la théorie du parallélisme. Cependant ils sont peu connus ; HAECKEL, dans l’historique des doctrines embryologiques qu’il a donné dans ses livres, et qui est pour beaucoup l'unique source de renseignements sur ce sujet, n’a mis en évidence qu’une partie des idées de Vox BAER, oubliant celles qui n’étaient pas favorables à ses vues. Pour que l’on en puisse juger je donnerai ici, après les citations textuelles de

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