‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 19 sur 111 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l’'Embryologie des animaux rapportées plus haut, l’exposé de ce que HAECKEL appelle «la loi de Vox BAER» (Anthropogénie, trad. française, 1877, p. 390). « Le développement d’un individu appartenant à une classe zoologique quelconque s’opère conformément à deux données générales : premièrement, il y a perfectionnement continu du corps animal par l’effet d’une différenciation histologique et morphologique toujours croissante ; secondement, la forme générale du type se modifie en une forme plus spéciale. Le degré de perfection du corps animal est déterminé par le plus ou le moins d’hétérogénéité des éléments et des diverses parties d’un appareil complexe, en un mot par le plus ou le moins de différenciation histologique et morphologique. Le type, au contraire, dépend de la position relative des éléments organiques et des organes. Le type est absolument indépendant du degré de perfection : un même type peut se retrouver à divers degrés de perfection et, inversement,un même degré de perfection peut être atteint dans les divers types.» (1)

Toutes ces idées sont bien de VON BAER, maiselles n’expriment pas toute sa pensée ; 1l faut, pour l’avoir tout entière, y ajouter les conclusions rapportées cidessus et qui ne les contredisent point, mais les com-

(1) HAECKEL donne exactement le même exposé de la « loi de Vox BAER » dans la IVe édition de son Anthropogénie, 1891, | F 1 P- 47-48,

plètent naturellement comme on peut le voir par l’analyse détaillée que nous avons donnée de l’Embryologie des animaux.

Les vigoureuses critiques de Von BAER paraissent avoir modéré l'enthousiasme pour la théorie du parallélisme. Toujours professée par quelques savants, cettethéorie quitta la place privilégiée qu’elle avait occupée et passa au rang d'opinion individuelle assez répandue évidemment (1), mais discutée, ne s’imposant pas, sort qu’elle partagea avec les idées transformistes si fortement exprimées dans les premières années du siècle, comme on l’a vu plus haut. Et cela se comprend aisément ; VON BAER confirmait, par l’embryologie, l’existence des types établis d’après l’anatomie comparée par Cuvier. Or, toutes les fois que l’idée de type devient prédominante, celle de la dérivation généalogique des êtres les uns des autres s’affaiblit.

Cependant, les théories embryologiques et les idées transformistes, qui avaient passionné les esprits, n'étaient pas oubliées, mais elles ne tenaient plus le

(1) Un précieux témoignage de l'influence qu'avait conservée la théorie du parallélisme nous est fourni par H. Miine- EDWaARDS, qui croit devoir la combattre longuement [p. 89- 115] dans son /ntroduction à la Zoologie générale (1851) et plus tard (1857) dans le tome Itde ses Lecons sur la Physiologie, etc. [p.28 et suivantes]. Le soin qu'il apporte à sa réfutation prouve que cette théorie gardait encore à cette époque des partisans convaincus,

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