‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 3 sur 111 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'idée d'évolution et le transformisme. — L'évolution pour HAECKEL et pour DARWIN.— La loi biogénétique fondamentale. — Plan de ce travail.

Si par évolution l’on entend l’ensemble des lois naturelles qui ont présidé à la formation des êtres vivants, tout homme de science doit être évolutionniste. Comme le monde vivant ne s’est pas formé tout d’un coup, mais que de nombreuses espèces ont apparu historiquement à des époques où la face de notre globe n’était guère différente de ce qu'elle est aujourd’hui et où les conditions de toute nature, au milieu desquelles se joue la vie, étaient sensiblement les mêmes que de nos jours. il est évident que l’on doit considérer ces espèces comme un produit naturel de facteurs alors en présence (êtres vivants et

milieu) et des lois de l’organisation. Que parmi ces lois le principe de la descendance ait une valeur considérable, c’est-à-dire que l’on doive regarder un grand nombre des formes comme liées génétiquement entre elles et dérivées les unes des autres, cela paraît aussi évident. Bien des faits ne peuvent s’expliquer que par la descendance des espèces actuelles d’autres espèces plus ou moins voisines d’elles qui les ont précédées dans le cours des temps.

Lorsque DARWIN étudiait les couches fossilifères de l'Amérique du Sud, il fut vivement frappé d’y rencontrer des squelettes d'Édentés à cuirasse dermique appartenant au même groupe que les Édentés vivant actuellement dans le même pays, et cette observation fut pour lui untrait de lumière.Cette succession, dans le même endroit, de formes peu répandues ailleurs, lui paraissait une preuve de l'existence de liens génétiques entre elles. Il médita longuement sur ce fait qui, uni à bien d’autres, détermina peu à peu sa croyance à la descendance des êtres. Depuis lors, l’étude de la distribution géographique des animaux et des plantes a montré que la localisation actuelle des espèces ne peut être expliquée autrement que par la théorie de la descendance de DARWIN.

D'autres faits viennent encore à l’appui de cette théorie : on observe souvent dans les genres parasites, lorsqu'ils ont plusieurs espèces, que chaque espèce habite une forme particulière d’un même genre ou d’une même famille, de telle sorte qu’il est bien difficile d'expliquer ces relations autrement que

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