CHAPITRE IV
Amphibiens. Dans la paroi externe de la capsule osseuse auditive apparaît la fenêtre ovale. La lagena s'étenden un tube plus large, mieux séparé du saccule chez les Sauropsides, elle devient la cochlée avec conduit cochléaire, rampe vestibulaire et rampe tympanique dans la paroi de laquelle apparaît la fenêtre ronde. Enfin, chez les Mammifères, la cochlées’étend en un long tube décrivant de deux à quatre tours de spire, et où l’épithélium donne naissance à l’organe de-Cortt.
Les séries anatomiques ainsi formées ont-elles une valeur objective et généalogique, c’est-à-dire représentent-elles l’évolution réelle des organes considérés ou des êtres chez qui on les observe ? Evidemment non. Ce sont comme la dit Osc. HERTWIG des séries artificielles ou, si l’on veut, subjectives, dontla formation dépend beaucoup de l’état de la science au moment où elles sont dressées, et de l’état d’esprit des chercheurs qui les établissent.
Bien plus, il n’est même pas prouvé qu’une série anatomique progressive bien faite réponde à unesérie généalogique vraie, c’est-à-dire nous permette de conclure, sans autre preuve, à la descendance réelle des animaux qui la fournissent. On a confondu, remarque DEPÉRET(1907) «l’évolution réelle d’un groupe naturel d'animaux fossiles, avec ce qui n’est effectivement que l’évolution fonctionnelle d’un organe dans une série de genres appartenant à des rameaux naturels différents et n’ayant entre eux aucun rapport de parenté directe » [p. 106]. DEPÉRET donne comme
exemple de ce fait la généalogie classique du cheval. Envisageons la série européenne des chevaux, cette série partant du Palaeotherium et du Paloplotherium aboutirait au cheval par l'intermédiaire de l’Anchitherium et de l’Hipparion. Ces genres forment, en effet, une série très remarquable au point de vue de l’atrophie graduelle des deuxième et quatrième doigts et de la prédominance définitive du troisième doigt dans la patte solipède du Cheval. Cependant divers auteurs ont prouvé que nile Palaeotherium ni l’Hipparion, et DEPÉRET ajouterait volontiers ni l’Anchitherium, ne sauraient être compris dans la filiation directe du Cheval. Ce sont des rameaux distincts et parallèles, éteints sans laisser de rejetons et le dernier Palaeotherium était éteint depuis longtemps sans se transformer, lorsqu’est apparu le premier Anchitherium, et ce dernier avait à son tour disparu sans modification avant d’être brusquement remplacé par l'invasion des Hipparions. «La prétendue filiation des Equidés est une apparence trompeuse, qui nous donne seulement le procédé général par lequel une patte tridactyle d'Ongulé peut se transformer, dans des groupes divers, en une patte monodactyle, en vue d’une adaptation à la course ; mais elle ne nous éclaire nullement sur l’origine paléontologique des Chevaux» [p. 107].
DEPÉRET cite encore d’autres exemples analogues, mais il n’en est pas besoin pour montrer avec quelle prudence il convient d’envisager les questions de généalogie, et pour bien faire retenir