‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 41 sur 111 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

qu’il ne faut pas conclure d’une série anatomique, même très bien faite, à une série phylogénique. C’est une faute que l’on commet souvent lorsqu'on étudie un organe dans ce que l’on appelle si improprement « la série » et de là dérivent ces arbres généalogiques discordants dont l’effet est si déplorable si on les juxtapose dans une vue d’ensemble, comme l’a fait BASHFORD DEAN (18953) pour ce qui concerne les Poissons |p. 282-283].

A coté des organes à développement progressif dont nous venonsde parler, il en existe d’autres qui, au contraire, changent peu dans les différentes classes et, en tous cas, ne montrent guère d’apparences de perfectionnement. On pourrait les appeler des organes fixes ou à structure fixe, ou encore organes à développement direct.

Les organes à développement progressif peuvent exister sous des formes très diverses et fonctionner aussi bien sous leur état le plus simple que sous la forme la plus développée. Ainsi la corde de l’Am- phioxus est, pour cet animal, un organe de soutien aussi ferme et un appareil de réaction vis-à-vis de ses mouvements musculaires aussi parfait que la colonne vertébrale d’un Mammifère considérée comme soutien du corps et comme point d'application des forces musculaires.

Les organes de la seconde catégorie constituent au contraire un groupe bien particulier, comme vont le montrer deux exempl s.

L’œil ne présente chez les Vertébrés absolument

pas de traces d’un développement progressif. Sans doute on trouve des yeux plus ou moins parfaits, ou plutôt doués d’un pouvoir visuel très inégal, mais leur structure n'offre point de différences comparables à celles que l’on trouve entre les termes extrémes des organes à développement progressif. Le perfectionnement de leur fonction tient plutôt à la délicatesse des éléments récepteurs de la lumière (cônes et bâtonnets) et aux connexions des éléments percepteurs cérébraux qu’à la structure des parties qui relient ces deux pôles de l’appareil visuel (couches de la rétine et voies optiques). S'il est vrai que les yeux des Amphibiens sont bien inférieurs à ceux des Oiseaux et de l'Homme, au point de vue de leur acuité visuelle, il n’est pas moins certain que leur structure ne diffère qu’à peine de celle des yeux de ces animaux. On ne peut donc pas du tout les considérer comme un étatinitial ayant dû précéder forcément l'œil plus parfait des Vertébrés supérieurs, pas plus qu’on ne trouve d'indication de l'apparition d’un œil semblable à celui des Vertébrés chez aucun des groupes où l’on cherche l’origine de ces derniers, au moins parmi les formes actuelles. Comme le reconnaît HAECKEL lui-même (Phylogénie systematique des Vertébrés. p. 129), la paléontologie et l’anatomie comparée ne nous fournissent aucune donnée sur la phylogenèse de l’œil. Sans doute l’adaptation de l’œil aux conditions de vie desdifférents Vertébrés entraîne quelques différences dans ses parties accessoires, mais l'appareil dioptrique et la rétine sont dès

Pr NT

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