‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 49 sur 111 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

beaucoup d’entre elles sont établies d’une manière très superficielle et ne résistent pas à un examen un peu attentif.

Bien que ce ne soit pas là unargument décisif contre la théorie de la récapitulation, car on pourrait espérer améliorer avec le temps nos connaissances et arriver à posséder des séries bien faites, vraiment irréprochables, il me semble cependant nécessaire d’insister un peu sur la défectuosité de certaines interprétations généralement admises en faveur du parallélisme.

Les séries embryologiques progressives ne se rencontrent. comme on peut le penser, que dans les organes à développement progressif, tels que le squelette axial, le système nerveux central, appareil circulatoire, etc., etc. Ilne faut pas s’attendre a en trouver pour les autres organes, et l’œil notamment n'offre, dans aucune des étapes de son développement, une forme observée à l’état permanent chez un animal inférieur; on peut même ajouter qu'il revêt dans ses premiers stades une disposition absolument incompatible avec la fonction qu’il doit remplir; mais nous n’en parlerons pas pour le moment et nous porterons toute notre attention sur les organes à développement progressif. Il n’est pas difficile de voir que, même pour ces derniers, les séries sont beaucoup plus idéales que réelles. Quelques exemples le montreront amplement.

Prenons d’abord le squelette axial, c'est un des appareilsles plus souvent cités à ce propos. L’embryon

d’un Mammifère a d’abord une corde dorsale et rien de plus, puis le mésenchyme l'enveloppe et s'étend au-dessus et au-dessous d’elle formant un rachis membraneux ; bientôt apparaissent au sein du mésenchyme des vertèbres cartilagineuses qui enfin s’ossifient plus tard. On a donc dans cette évolution un parallèle avec l’évolution phylogénique montrée par les squelettes de l’Amphioxus, d’un Sélacien, d’un Amphibien ou d’un Reptile. Mais il faut remarquer que le parallèle ne peut être établi rigoureusement qu'entre les idées que nous nous faisons des deux développements ontogénique et phylogénique, idées que nous résumons dans ces mots : squelette purement cordal, puis membraneux, cartilagineux et osseux. Mais si, ne nous contentant plus de ces expressions générales schématiques, nous passons aux faits, nous voyons qu’ils ne concordent plus aussi exactement. Dans les premiers stades, lorsqu’existent seulement les protovertèbres et la corde, personne ne peut confondre l’embryon d’un Amniote avec celui d’un Sélacien, par exemple. En effet, sur les coupes transversales nécessaires pour étudier le développement du squelette, on voit facilement que la protovertèbre du premier a une forme différente de celle du second; elle est carrée au lieu d’être rectangulaire, et toute sa lame médiale, ou mieux sa moitié interne, va serésoudre en une grande quantité de mésenchyme destinée à former le squelette membraneux, tandis que l’ébauche de ce mésenchyme naît chez les Sélaciens d’une autre partie

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