‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 53 sur 111 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ou ancestrales des anneaux antérieurs de la chaîne deviennent simplement des formes de passage dans les ontogénies suivantes Elles étaient d’abord les ébauches développées d’un œuf plus ancien phylogénétiquement, maintenant elles ne sont plus que les conditions préalables pour l'obtention de formes terminales plus hautement organisées, ou seulement encore le moyen pour la réalisation des ébauches, devenues plus compliquées, d’un œuf changépendant le cours du développement phylogénique. Avec la perte de leur signification primitive, elles doivent aussi subir des changements de forme et de contenu ; elles héritent de nouvelles propriétés, elles en perdent d’autres qui étaient nécessaires pour les états antérieurs, mais qui ne le sont plus pour une forme embryonnaire de transition. »

Oscar HERTWIG caractérise par le nom d’organes devenus embryonnaires les organes de l'embryon, modifiés comme il vient d’être dit. Ainsi la corde des Mammifères est un pur organe embryonnaire sans fonction de soutien, l'anatomie comparée seule peut nous montrer qu’elle représente une espèce de squelette axial. De même, les arcs branchiaux des Amniotes ne sont que des formes de passage embryonnaires, qui sont destinées à un tout autre but que les arcs branchiaux homologues des Vertébrés inférieurs.

Oscar HERTWIG cite seulement la corde et les arcs branchiaux, mais, en réalité, ce qu'il dit s’applique à tous les organes de l'embryon des Vertébrés supérieurs; tous sont devenus embryonnaires et ne peu-

vent aucunement être comparés à des organes ayant jamais fonctionné chez quelque animal que ce soit, sous la forme qu'ils présentent.

Cette vérité avait parfaitement été comprise par Von BAER, et c’est elle qu'il exprimait dans le quatrième principe général, rapporté plus haut, en disant que «l'embryon d’une forme supérieure ne ressemble jamais à un autre animal, mais seulement à l'embryon de ce dernier» (VON BAER, I, p. 224). Il est bien évident que dans cette phrase Von BAER a en vue non pas la forme extérieure des embryons, mais bien leurs organes, car il fait remarquér lui-même que des différences de forme importantes peuvent s’observer de très bonne heure chez des embryons appartenant à des types très voisins (Lézard, Serpent), mais qu’elles n’entraînent pas une dissemblance dans le type et sont très superficielles (VON BAER, I, p. 229). Du même coup, il répond d'avance à une objection qui a été faite bien plus tard à son principe, celle que les embryons des différents Vertébrés sont très faciles à distinguer dès le début les uns des autres (A. SEDGwICK). Ces différences de formes ne lui avaient pas échappé, mais ce

n’est pas à elles qu’il voulait s'arrêter pour caracté-

riser les embryons, et il s’adressait pour le faire à la structure des organes et à leurs rapports.

Ainsi, comme l'avait déjà indiqué Von BAER, et comme l’a précisé O. HERTWIG, les organes embryonnaires des Vertébrés supérieurs diffèrent profondément des mêmes organes chez les Vertébrés les plus

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