partie au méso-hépatique antérieur, de sorte que
lorsque la paroi ventrale de l'embryon est formée par l’arrivée de l’ectoderme jusqu’à ce niveau, l’ébauche hépatique lui est rattachée par son revêtement mésodermique. Cette ébauche est donc liée pour ainsi dire de tout temps à la paroi ventrale, puisque le mésohépatique antérieur qui vient chez les Sélaciens, s'attacher secondairement à la paroi ventrale, est chez les Amniotes, dès le début, en rapport avec cette dernière, étant constitué par le mésoderme de lébauche hépatique continu de tout temps avec celui de la coiffe cardiaque qui passe directement dans la constitution de la paroi ventrale. Ce rapport du méso-hépatique antérieur et de la paroi ventrale existe chez tous les Amniotes; il a une importance extrême, car il constitue un des caractères les plus marquants de ces animaux. Par rapport à l’ensemble de l’animal, le méso-hépatique antérieur des Amniotes est situé beaucoup plus caudalement que celui des Sélaciens ; il est beaucoup plus rapproché du centre du corps de ces animaux et cela nous permet déjà de saisir pourquoi le cœur est bien plus
CHAPITRE VI 137 reculé chez tous les Amniotes que chez les Poissons. Mais voyons les phénomènes consécutifs.
Comme chez les Sélaciens, le péricarde des Amniotes est placé sous le pharynx branchial et le bulbe du cœur s’insère très en avant, vis-à-vis du second arc branchial. Il y a un sinus veineux et des canaux de Cuvier, mais les diverticules péri-æsophagiens du péricarde sont beaucoup plus importants que chez les Poissons. Les canaux de Cuvier ne sont pas non plus étroitement accolés à l’æœsophage, mais laissent entre ce dernier et eux-mêmes de larges passages sus-cardiaques qui font communiquer librement le péricarde avec le reste du cœlome. C’est dans ces passages que s’engageront plus tard les ébauches pulmonaires (p. fig. 4, pl. II.
D'autre part l'accroissement ultérieur de l'embryon s'effectue d’une manière bien différente de celle des Sélaciens et change considérablement la forme du corps. Par suite du développement prépondérant et précoce du système nerveux central qui occupe le côté dorsal de l’embryon, ce côté s’accroît beaucoup plus que le côté ventral, de sorte que l’embryon se courbe fortement autour de sa face ventrale (voy. fig. 4, pl. IT). A la courbure apicale du cerveau s’ajoute la courbure nuchale. Cette courbure détermine sur la face ventrale de l'extrémité céphalique la production d’un angle (l’angle cervico-ventral) qui se forme dans la paroi prépéricardique vis-à-vis du bord postérieur du premier arc, et la face ventrale de la partie antérieure de la paroï prépéricardique située en avant
de cet angle au lieu de prolonger en avant la paroi ventrale du corps, se courbe en dessous et vient s'appliquer contre cette dernière. Comme chez l’embryon de Torpille, nous avons une paroi prépéri-
cardique, mais elle comprend deux parties : la por-
tion coudée dont nous venons de parler et une petite
portion postérieure à celle-ci, située derrière l’angle ê
Fig. 2.— Coupe sagittale d'un embryon de Lapin de 12 jours, grossie environ 32 fois. — &. ao. 3. troisième arc aortique. — b, bouche. — bul. bulbe cardiaque. c. cœur. — /. orifice laryngé (la coupe est tangentielle à cet orifice).— æs. œsophage.— per.péricarde.— fr. trachée.
cervico-ventral. En outre, par suite de la formation -de la courbure nuchale, les extrémités ventrales des arcs branchiaux postérieurs sont dirigées contre la large cavité péricardique, sur les côtés de laquelle les arcs s’étalent en formant deux séries divergentes.
À partir de ce moment des changements considérables se produisent. Comme l’a montré His (1885) pour l'embryon humain, la colonne des proto-
CHAPITRE VI 139 vertèbres qui se termine d’abord assez loin en arrière de l’extrémité céphalique, puisqu’elle n’atteint pas encore la partie antérieure du péricarde, glisse en avant de manière à dépasser beaucoup cette dernière. Ce glissement est la cause de la formation du cou. En effet, 1l doit entraîner forcément l'allongement de la paroi ventrale comprise entre l’angle cervico-ventral
Fig. 3. — Coupe sagittale d’un embryon de Lapin de 13 jours, grossie environ 18 fois. — a. ao. 4. quatrième arc aortique. — &. c. v. angle cervico-ventral. — b. bouche.— co. cou. — {. orifice laryngé. — æs. œsophage.— per. péricarde. — fr. trachée.
et la cavité péricardique, sans quoi il aurait pour résultat un enroulement plus prononcé d: l'embryon sur lui-même (1). Du reste, on voit cet allongement se produire (comparez les fig. 2 et 3 du texte); il
(1) Pour de plus amples renseignements sur le développement du cou, je prie le lecteur de se reporter à mon mémoire des Archives d'anatomie microscopique, de mars 1908, t. X, fasc. 1 p. 91 et suivantes.
s'effectue dans une zone transversale de la paroi prépéricardique située derrière l’angle cervico ventral, et il entraîne une dislocation des arcs viscéraux et de leurs parties constituantes, surtout de leurs arcs vasculaires. Dans un embryon assez jeune la cavité péricardique se prolonge, au voisinage de la ligne médiane, jusque au devant des trois derniers arcs aortiques, ou plus exactement des arcs vasculaires appartenant aux troisième, quatrième et sixième arcs viscéraux. L’accroissement de la paroi prépéricardique se produit chez les différents Amniotes en des places un peu différentes, et que l’on peut reconnaître par les rapports qu’elles offrent avec les arcs aortiques. Il se fait chez les Mammifères entre le troisième arc aortique et le quatrième, chez les Oiseaux et la plupart des Reptiles entre le deuxième arc et le troisième. Il en résulte que chez ces derniers, le cou formé, les trois derniers arcs aortiques passent dans le thorax, tandis que les deux premiers sont consacrés à la tête et au cou. Chez les Mammifères, au contraire, les trois premiers restent dans le cou et dans la tête, les deux derniers seulement sont affectés au thorax. Les arcs viscéraux postérieurs, à partir du troisième, s’effacent en même temps que leurs parties constituantes, poches et arcs vasculaires, sont séparées les unes des autres et entraînées en des points différents du corps.
Voici donc une première particularité très caractéristique des Amniotes : la formation d’un cou et, corrélativement, la dislocation ou le démembrement
PR RP, DE Up le LE. 1 NC > p