CHAPITRE VI LA
des arcs viscéraux qui ne passent plus directement dans la constitution d’une partie déterminée du corps.
Une autre particularité propre aux Amniotes, c’est la situation très caudale des canaux de Cuvier et du sinus veineux, en même temps que leur écartement des parois latérales de l’œsophage, faits qui rendent compte de la largeur et de l'importance des passages sus-cardiaques du péricarde dans l’abdomen. Corrélativement au développement de ces passages, l’appareil pulmonaire s’y loge dès qu’il apparaît. Comme d'autre part en même temps que s’est produite la courbure nuchale les poches branchiales ont convergé en avant et se sont beaucoup rapprochées entre elles sur le plancher de la bouche, l'insertion de la trachée les a suivies et tout l’appareil respiratoire, trachée et bourgeons pulmonaires, est logé avec le cœur dans la partie antérieure du cœlome qui leur est commune au moins pendant un certain temps. Chez les Amniotes, la partie crâniale du cœlome héberge donc deux appareils : le cœur et les poumons, et on peut voir là l'indication de la formation future d’une région renfermant à la fois ces deux organes — séparés d’ailleurs l’un de l’autre par une cloison membraneuse — la région thoracique ou le thorax. Cette région, si rudimentaire soit-elle, est bien caractéristique des Amniotes. Ce sont les seuls animaux montrant la présence simultanée dans une même tranche du cœlome du péricarde et d’une partie ou même de la totalité des poumons. Rien de
pareil ne s’observe chez les Poissons pulmonés, ni même chez les Amphibiens, où les passages sus-cardiaques s’oblitèrent de très bonne heure, de telle façon que lorsqu’un appareil pulmonaire apparaîtra — postérieurement à cette fermeture, — il se trouvera d'emblée en dehors du péricarde, qui est déjà à ce moment parfaitement distinct de la cavité péritonéale, contrairement à ce qui se passe chez les Amniotes. Chez les Dipneustes, l’orifice glottique est situé en arrière de la paroi caudale du péricarde. Chez les Amphibiens cet orifice est bien placé en avant de cette paroi du péricarde, mais la portion médiane de celle-ci a été tirée en arrière secondairement, ce qui fait pénétrer en quelque sorte le péricarde dans la cavité du tronc. Aussi, comme chez les Dipneustes, le foie s'étend aussi loin en avant que les poumons eux-mêmes, ou, en d’autres termes, le péricarde s’enfonce entre les deux lobes hépatiques, tandis que chez les Amniotes et même chez les plus inférieurs d’entre eux, les Reptiles, le foie n'atteint que la partie la plus caudale du péricarde, qui est, au contraire, entouré dans la plus grande partie de son étendue par les deux poumons. On peut prendre une bonne idée de cette disposition en comparant les fig. 265 et 206 de WIEDERSHEIM (1902), qui montrent à merveille l'opposition existant sous ce rapport entre les viscères de la Grenouille et ceux du Lézard. Si le péricarde de la Grenouille comparé à celui des Poissons est plus caudal et s'enfonce dans la cavité du tronc, cette disposition s’est produite secondai-
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