‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 64 sur 111 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

rement après que le péricarde était déjà clos en arrière d’une façon complète, et elle n’a rien de commun avec ce que l’on observe chez les Amniotes.

Ainsi larchitecture des Poissons et celle des Amniotes diffèrent profondément. Chez les Amniotes seuls se forme un cou véritable, qu’il soit long ou court cela ne change rien, et les deux dimensions extrêmes peuvent se rencontrer chez des animaux assez voisins. Mais le cou est quelque chose de très particulier, c’est une région formée dans sa partie dorsale par une portion du rachis poussée en avant, dans sa partie ventrale par l’étirement d’une tranche de la paroi prépéricardique, étirement qui amène la dislocation des arcs aortiques en deux groupes. Le groupe antérieur de ces arcs est toujours séparé du cœlome et plongé dans l’épaisseur des parois de la tête ou du cou; le groupe postérieur reste en rapport de voisinage avec le cœlome, pendant toute la durée de la vie. En même temps ces arcs aortiques se transforment directement en les artères définitives qui leur succèdent, sans s’être au préalable scindés en une artère et une veine branchiales, comme cela arrive chez tous les animaux qui ont respiré par des branchies, ne fut-ce que pendant un temps très court. Chez les Amphibiens par exemple, qui se trouvent dans ce cas, la carotide externe naît toujours de l’extrémité ventrale de la veine branchiale du troisième arc, et lorsque les branchies se sont atrophiées, c’est toujours par l'intermédiaire du réseau capillaire allant de l’artère à la veine branchiale qu’elle est reliée au

tronc aortique ventral venu du cœur, tandis que chez tous les Amniotes cette carotide naît d'emblée et directement de la portion ventrale du troisième arc aortique. La carotide externe des Amniotes n’est donc pas entièrement homologue à celle des Amphibiens et c’est un caractère qui distingue bien ces deux groupes

(c) Si maintenant nous examinons un embryon de Cyclostome et en particulier de Lamproie, nous trouvons des dispositions nouvelles et bien singulières. Chez cet animal, le péricarde ne s'étend pas sous la région branchiale. Cette dernière comprend un grand nombre de poches, huit primitivement, sept en dernier lieu, placées les unes en arrière des autres et qui diffèrent profondément de celles des autres Vertébrés. Au lieu de s'ouvrir largement à l’extérieur par une fente étendue dans le sens dorso-ventral, elles ne possèdent qu’un petit orifice arrondi, dans lequel elles débouchent par un canal court et étroit, puis elles s’enfoncent profondément dans l’épaisseur du corps de chaque côté d’un tube pharyngien très étroit et bien différent du large pharynx des Poissons ordinaires. Elles perdent du reste chez l’adulte tout rapport direct avec le pharynx et s'ouvrent par des orifices branchiaux internes dans un canal longitudinal commun qui, placé en dessous du pharynx, se termine en arrière en cul de sac, au niveau de la dernière paire de poches, tandis qu’il s'ouvre en avant dans la bouche. Les poches branchiales sont en somme, comme le dit DoHRN, profondément enfon-

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