CHAPITRE IV
cées dans le corps. Corrélativement à cette disposition, les muscles des myotomes qui chez les autres Poissons sont très réduits dans l’étendue de l’appareil branchial, se développent ici en deux rangées longitudinales, situées l’une en dessus, l’autre en dessous des orifices branchiaux externes et qui se continuent en arrière avec les muscles latéraux du COTpS.
Dans ces animaux, la paroi prépéricardique est très particulière ; elle ne constitue pas une région limitée qui sera le siège d’un accroissement spécial, un peu différent de celui des parties voisines. Elle est, dès le début, aussi longue que la région branchiale ellemême et s’accroîtra plus tard dans les mêmes proportions que cette dernière, c’est-à-dire sans rien changer à la forme du corps qui reste la même dans la partie antérieure de l’animal, à partir du moment où la dernière poche branchiale est formée. Cette disposition, qui se rapproche de celle de la même région chez l’'Amphioxus, est un trait caractéristique des Cyclostomes et les isole nettement des autres Poissons.
La paroi prépéricardique des Cyclostomes s'étend jusqu’à la dernière poche branchiale, et elle forme, à ce niveau, la partie médiane de la paroi antérieure du péricarde. Les parties latérales de cette paroi sont constituées par la paroi postérieure de la dernière poche de chaque côté (voy. fig. 5, pl. II, et 6, pl.IV) ; comme ces poches sont très développées dans le sens dorso-ventral, leur paroi postérieure
forme donc la majeure partie de la limite crâniale du péricarde (1). Ce dernier, au lieu de se prolonger en pointe sous la paroi pharyngienne, est coupé perpendiculairement à l’axe du corps. En outre, ilne s'étend plus seulement sous la face ventrale du pharynx comme il le faisait chez les Poissons, mais sur toute la hauteur de la cavité cœlomique, dans laquelle l’æœsophage, très réduit en diamètre, n’occupe qu’une partie insignifiante. Les diverticules péri-æsophagiens du péricarde si réduits chez les vrais Poissons, plus grands chez les Amniotes, sont ici considérables (2); aussi un nouvel organe, le pronéphros, peut-il prendre place et par une conséquence très curieuse de cette architecture, cet organe présente chez les Cyclostomes des rapports vasculaires inattendus. Chez les Poissons et chez les Amphibiens, le pronéphross’unitavec les veines cardinales dans lesquelles ilenfonce ses tubes sécréteurs, formant un entrelacement de canaux glandulaires et de vaisseaux capillai-
(1) Pour plus de détails sur le péricarde des Cyclostomes, voyez mon mémoire de 1903, dans les Archives d'Anatomie microscopique, t. VI, p.339 et suivantes.
(2) I1 peut paraître étrange de parler du grand développement des diverticules péri-æsophagiens alors que l'æœsophage est lui-même réduit; mais il faut se rappeler que ces diverticules représentent la partie dorsale du cœlome. Or cette partie dorsale du cœlome, très réduite chez les Sélaciens où l'œsophage est très développé, est au contraire très grande chez les Cyclostomes, à cause même de la réduction de cette portion du tube digestif.