‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 66 sur 111 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

res, de forme irrégulière et de grande taille, auxquels SEDGWICK MINOT (1905, p. 246) a donné le nom de sinusoïdes. Chez les Cyclostomes, à cause du grand développement de cette partie dorsale du péricarde, le pronéphros qui s’y engage vient se mettre en rapport non plus avec les cardinales, mais avec les jugulaires, ainsi que l’a fait remarquer GOETTE(1800, p.80), et nous trouvons dans ce fait un nouveau cas bien net des corrélations architecturales, dont il a été question au chapitre IV. D’autres corrélations de même ordre ont déjà été indiquées dans ce même chapitre à propos du cœur.Nous avons vu que la hauteur du sinus veineux et sa situation sagittale s’expliquaient par la disposition de la loge qui renferme le cœur en même temps que par l’attache de la veine hépatique à la paroi ventrale. Cette dernière connexion, établie de très bonneheure et même d'emblée, dès le clivage du cœlome dans l'embryon de la Lamproie, détermine la production d’un méso-hépatique antérieur qui diffère de celui de tous les autres Vertébrés, par son mode de formation et par la présence, dans son épaisseur, de la veine hépatique qu’il relie à la paroi ventrale du corps, en lui imposant une situation ventrale contraire à la position dorsale qu’occupent les veines correspondantes dans tous les autres Vertébrés.

Cette architecture du corps des Cyclostomes est absolument spéciale. Peut-elle être dérivée de celle des Sélaciens ? Sans doute, elle est dominée par un fait capital, la réduction du pharynx due à la vie

parasitaire de ces animaux, et on peut supposer que cette réduction, entraînant l’enfoncement des poches branchiales, pourrait s’opérer graduellement. Mais cela suffit-il pour expliquer toutes les dispositions que nous rencontrons? Evidemment non. L'insertion ventrale de la veine hépatique qui exerce tant d’influence sur la forme du sinus veineux et par suite sur celle du cœur, ne paraît pas avoir de corrélation directe avec l’atrophie du pharynx. Mais c’est encore la moindre des choses. La disposition de la paroï prépéricardique a bien une autre valeur. Elle est en rapport avec la nature des arcs branchiaux et elle a un retentissement énorme sur leur structure. Si les poches ne sont pas pliées en V,comme chez les Sélaciens, c’est que d'emblée la paroi prépéricardique s’étend sur toute la longueur qu’elles occupent. De sorte que là encore nous nous trouvons en présence de dispositions établies d'emblée — autant du moins que nous pouvons en juger d’après l’ontogenèse —. Ces dispositions ne sont ni une régression, ni un perfectionnement d’une structure existant chez d’autrestypes et elles ont une influence considérable sur l’organisation définitive des animaux.

Nous avons vu que le cou peut caractériser un Amniote aussi bien que le fait son amnios. De même l’enfoncement des branchies caractérise les Cyclostomes et explique une des particularités les plus frappantes de ces animaux, à savoir la possession d’un nombre variable et parfois assez élevé de poches

Laté > 2e D | 5

Page 1