‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 67 sur 111 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

branchiales. Ces poches devenues internes ne prennent plus guère de part à la constitution des parois latérales de l’animal, elles sont en effet recouvertes par les muscles du corps qui prolongent jusque sur elles la structure et les propriétés de ces parois, c’est-à-dire permettent à la région branchiale d'acquérir à la fois la raideur et les mouvements nécessaires pour la locomotion de l’animal. Les branchies passées à l’état d'organes viscéraux internes peuvent, comme ces derniers, présenter des variations plus grandes, d’où leur nombre variable. Là au contraire où, comme chez les Poissons, les branchies forment une partie importante de la paroi latérale du corps, comme elles prennent la place des muscles de cette paroi, elles ne peuvent se multiplier au delà de certaines limites sans créer une région de structure spéciale qui pourrait nuire à l’animal, si ses dimensions étaient plus grandes et la régression corrélative des muscles du corps plus étendue (1).

On voit qu’il n’est pas difficile de tracer parmi les Vertébrés, en s’appuyant sur leur architecture, des divisions d’autant plus naturelles et vraisemblables, qu’elles coïncident entièrement avec celles obtenues d’après les autres caractères de ces animaux. Les rapports de la tête, de la région branchiale et du péricarde permettent aussi sûrement que la struc-

(1) Voyez L. ViALLETON. Sur les arcs viscéraux, etc. Archives d'anat. microsc., t. X, fasc. 1., 1908 p. 70-71.

VIALLETON. Problème évolution. 10

ture des grands appareils et des annexes de l’embryon, de séparer les Vertébrés en Cyclostomes, Poissons vrais, dont se rapprochent les Amphibiens et enfin en Amniotes.

La paroi prépéricardique est une pièce de l’architecture des Vertébrés qui se comporte différemment dans les grands groupes de ces derniers, et dont le développement donne une des caractéristiques les plus importantes de ces groupes. Chez les Cyclostomes elle est aussi longue que la région branchiale et s’accroît dans le développement exactement dans les mêmes proportions que cette dernière. La forme des poches et des arcs qui leur sont interposés ne subit donc pas de changements importants, et les poches restent des cavités à peu près rectangulaires, placées les unes derrière les autres comme des parallélipipèdes rectangles dirigés dorso-ventralement, ainsi que le montre la disposition des septa branchaux (Go."6, pl. M).

Chez les Sélaciens, la paroi prépéricardique est d’abord très restreinte par rapport à la région branchiale. Elle s’accroît ensuite intercalairement d’une manière toute spéciale, attirant à elle les extrémités ventrales des arcs qui sont ainsi coudés en V, et qui limitent dès lors des poches non plus rectangulaires, mais formées de deux losanges réunis au sommet du V.

Chez les Amphibiens, la paroi prépéricardique s'accroît sans changer de direction, mais cet accroissement est faible. Il a peu d'influence sur la forme

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