‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 73 sur 111 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ten. Là aussi la rétine est distincte de l’épithélium pigmenté qui forme une coupe dans laquelle celle-ci s'enfonce et, par une analogie encore plus prononcée, les éléments récepteurs, pour se mettre en rapport avec cetépithélium,tournent le dosà la lumièrecomme chez les Vertébrés et contrairement à ce qu’ils font partout ailleurs, mais il y a tant de distance entre un Pecten et un Vertébré, les deux organisations diffèrent si profondément par tous les autres détails, que l’on ne peut penser à une transmission quelconque de cette disposition de l’un aux autres.

L’œil offre donc l’exemple très net d’un organe ne présentant pas d’états intermédiaires entre les formes inférieures et les supérieures, et dans lequel le parallélisme des stades embryonnaires et des structures permanentes plus simples ne s’observe pas.

Les arcs branchiaux appartiennent aussi comme on l'a vu, à la catégorie des organes à développement direct, c’est-à-dire que l’anatomie comparée ne peut faire, avec eux, une série ascendante en allant des Vertébrés les plus simples à d’autres plus compliqués. Ils se montrent, au contraire, sous des formes divergentes qui ne présentent aucun état de transition des unes aux autres. Il y a trois formes principales d’arcs branchiaux que l’on observe chez l’'Amphioxus, chez les Cyclostomes et chez les Poissons vrais auxquels on peut joindre les Amphibiens.

Chez l’Amphioxus les parois latérales du pharynx qui forment les arcs sont excessivement minces, les fentes branchiales y sont très nombreuses et

dirigées toutes dans le même sens, d'avant en arrière et du dos vers le ventre. Les arcs compris entre ces fentes sont très grêles, immobiles, et forment, par leur réunion, une cage branchiale analogue à un tamis. La paroi prépéricardique est très longue et s'étend sur toute la longueur de l’appareil branchial. La cage branchiale est beaucoup trop délicate pour pouvoir former la paroi du corps. Elle est recouverte par le repli cutané pourvu de muscles, qui limite latéralement le corps et crée autour d’elle l’espace péribranchial.

Chez les Cyclostomes les arcs sont moins nombreux, plus développés que chez l’Amphioxus et pourvus d’un squelette cartilagineux en même temps que de muscles. Mais ces arcs ont une disposition tout à fait particulière et ne peuvent être directement comparés à ceux des Poissons. En effet, ils sont placés très profondément sous les téguments de l'animal, n’arrivant au contact de la paroi externe du corps qu’en un point très limité de leur parcours, et au lieu de former des arceaux plus ou moins coudés, ils constituent des lames verticales, tendues entre les poches branchiales successives qu’ils limitent et qui, chez l'adulte, se détachent d’eux et acquièrent une certaine indépendance (voy. p. 83 et fig. 6 pl. IV). La paroi prépéricardique s’étend jusqu’au septum postérieur de la dernière poche branchiale. En dehors des évaginations de l’entoderme pharyngien qui forment le premier rudiment des poches branchiales, il n’y a presque plus rien de

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