‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 76 sur 111 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ment pourraient-ils se développer d’après d’autres lois ? Chez les embryons, toutes les parties susindiquées sont beaucoup plus petites que chez l'adulte, par conséquent elles apparaissent chez lui avec une plus grande simplicité et semblables entre elles. Du reste, les embryons ne sont pas aussi semblables qu’on l’a dit (voyez His) et ce ne sont pas les embryons qui sont cénogénétiques, mais la loi ellemême [p. 56|.

Mais, ajoute HENSEN, n’y a-t-il pas des cas que l’on pourrait regarder comme la récapitulation du développement phylogénétique ; par exemple, la présence chez les Vertébrés supérieurs d’arcs branchiaux, de la glande pinéale, de l’hypophyse, de la corde dorsale, c’est-à-dire des organes qui n’ont plus de fonction chez l’adulte ou qui régressent chez lui. L’existence de ces faits est indubitable, mais l'explication suivante est plus juste que la loi biogénétique : les organes ne naissent pas à la place où on les trouve, à la manière d’un cristal, mais il se forment à la suite de déplacements et d’entrelacements réciproques des tissus du corps. Ils naissent de parties empruntées le plus souvent aux trois feuillets embryonnaires. Le procédé que suit la nature en cela doit être le meilleur, conformément à la loi de DARWIN, parce que les autres seraient éliminés [p.57] Ainsi l’œil doit arriver à la surface pour recevoir la lumière, maisil doit avoir une certaine profondeur pour que la lumière puisse traverser les milieux réfringents et former une image optique. La couche nerveuse sera donc tirée du cer-

veau en forme de vésicule primaire qui atteindra ainsi l'extérieur, puis apparaîtra la vésicule secondaire. Il n’y a pas de procédé pour faire une chose aussi compliquée avec des moyens plus simples que ceux qui sont employés. Ce développement paraît réglé par lui-même et nous n’avons pas besoin d’invoquer une hérédité fabuleuse du tronc phylétique [p. 57-58].

Lorsque les osselets de l’ouïe se développent d’un arc branchial, nous n’avons pas le moyen de démon:trer la nécessité de leur développement par des raisons analogues, mais personne ne peut démontrer que l’on pouvait faire mieux les choses. Il est donc probable que là aussi la meilleure voie est suivie et nous avons à étudier comment cette voie est la meilleure. Il y en aurait autant à dire pour les gros vaisseaux [p. 58].

Lorsque, comme la corde, un organe paraît puis régresse, cela veut dire que d’abord certaines cellules, dans la lutte pour l’existence(W. Roux), enserrent la corde pour la remplacer bientôt d’une manière plus parfaite. Que la corde apparaisse encore, cela veut dire simplement, pour HENSEN qu’à son origine il y a besoin de séparations de cellules pour le développement de leurs propriétés histologiques, et il vaut mieux chercher dans ce sens que se contenter de l’explication apparente de HAECKEL [p.58].

« La loi biogénétique veut que la marche du développement soit héritée de nos ancêtres paléontologiques; elle se heurte contre ce principe de DARWIN qui n’admet que le chemin le plus facile, et renvoie la

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