‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 77 sur 111 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

solution du problème à celle du problème de l’hérédité, qui ne peut nous servir à rien. Notre explication du développement est en général celle-ci: 1° le développement doit conduire à la formation des formes ancestrales, parce que les produits sexuels doivent se développer suivant les règles qui ont présidé à la constitution et à la combinaison de l’espèce; 29 nous regardons le processus actuel du développement comme le plus exact et le seul possible. Cela ne laisse pas place pour la loi biogénétique. Mais le rejet de celle-ci n'empêche pas la spéculation phylogénétique » [p. 59].

Il y a déjà longtemps, KOELLIKER (1882) a fait allusion à l’absence, dans l’ontogenèse, d’un grand nombre de stades ancestraux qui devraient s’y ren- COntrer €... à supposer que l'Homme ait eu parmi ses ancêtres les formes citées tout à l'heure et d’autres encore, nous ne savons pas plus qu'auparavant pourquoi il ne reproduit, dans son évolution, que quelques étapes du développement généalogique qu’on lui attribue et non les autres. Qu’on nous explique donc comment l'Homme, de toutes les formes inférieures par lesquelles ses ancêtres ont du passer, ne reproduit, dans son développement embryologique, que celle d'organisme unicellulaire (Monères, amœæbes), quand il est à l’état d'œuf; celle de colonies cellulaires simples (Syrzamæbium, HAECKEL) quand, après la segmentation, il acquiert l’état de masse framboisée (Morula, HAECKEL), et celle de Planula H.,

quand il se convertit en vésicule blastodermique (Blastula H.) et comment, dès que paraît la ligne primitive dérivant de l’ectoderme, et que l’on n’a, sans aucun doute, rencontrée sous cette forme dans aucun Invertébré, tout d’un coup le voilà devenu Vertébré! Ou bien encore qu’on nous démontre pourquoi l’embryon humain n’a jamais un crâne cartilagineux complet comme le Poisson, pourquoi pas de branchies externes et internes, comme le Poisson et les Amphibies, pourquoi pas tant d’autres attributs qu'ont possédé ses ancêtres ? Si on ne peut le faire, qu’on cesse donc aussi de nous représenter la prétendue loi biogénétique comme un lumineux flambeau ! » [p. 408-400. ]

KOELLIKER n'avait pas tort de critiquer ceux qui prétendent trouver dans l’hérédité l'explication causale, la raison suffisante de tous les phénomènes accomplis au cours de l’ontogenèse. L'idée physiologique introduite par HENSEN permet de comprendre le pourquoi demandé par KOELLIKER : pourquoi certains stades seulement sont répétés parmi tant d’autres disparus. Ce sont ceux là seulement qui ont une signification physiologique, en prenant ce mot dans le sens le plus large, c’est-à-dire tous ceux qui d’une manière quelconque, sont nécessaires pour arriver à la forme finale cherchée.

Ainsi seront conservés les stades ayant un caractère de généralité qui les rend indispensables (ce qui est plus général précédant toujours ce qui est plus spécial, VOx BAER) ou d’utilité immédiate. On trou-

Page 1