‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 78 sur 111 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

vera plus loin, dansl’exposé des vues d’Osc. HERTWIG, des exemples très nets de la nécessité absolue de certaines dispositions embryonnaires, mais nous essayerons d’en indiquer ici quelques autres cas. On est encore loin de connaître l’utilité que telle ou telle disposition embryonnaire peut présenter pour le développement ultérieur, et par conséquent ce qui suit ne peut être considéréque comme très imparfait et comme une simple indication de la nécessité de recherches nouvelles sur les causes réelles des phases de l’ontogenèse. Mais, s’il est impossible de donner maintenant autant de réponses satisfaisantes qu’il faudrait pour résoudre tous les problèmes, 1l est bon cependant d’examiner quelques faits qui jettent un peu de lumière sur certaines des illusions qui ont conduit à la théorie de la récapitulation. Les différents organes d’un embryon remplissent, dans ce dernier, un rôle qui est parfois très différent de celui qu’ils auront à jouer plus tard. Sans doute il est périlleux de prétendre indiquer tout ce que fait dans un embryon une ébauche déterminée. Souvent aussi il est arbitraire et peu justifié de donner la prépondérance à l’une plutôt qu’à l’autre des fonctions simultanées qu’elle peut remplir. Cependant, en gardant bien présentes à l'esprit les réserves qui viennent d'être faites, on peut distinger aux organes embryonnaires trois sortes de fonctions principales, ou si l’on veut, on peut dire que les stades évolutifs des organes répondent à trois sortes de nécessités : 1° nécessités fonctionnelles; 2° nécessités topogra-

phiques; 3° nécessités histologiques, étant bien entendu d’avance que tous les organes participent plus ou moins à ces trois sortes de fonctions.

Par nécessités fonctionnelles on peut entendre celles qui ressortissent aux organes jouant un rôle actif pendant le développement, c’est-à-dire participant à une fonction qui s’exécute durant ce dernier. Les premiers arcs aortiques transitoires de l'embryon rentrent dans cette catégorie. Ces vaisseaux allant de l’extrémité artérielle du cœur placée sur la face ventrale de l'intestin, à l’aorte reposant sur la face dorsale de celui-ci et qui est l’origine du système artériel, mettent en relation le cœur avec l’aorte ; ils sont par suite absolument indispensables à l'embryon et doivent exister de très bonne heure chez toutes les espèces, puisque la circulation est aussi la première fonction qui s’accomplisse. Si maintenant on se rappelle que les arcs aortiques, compris dans l’épaisseur des arcs viscéraux, se forment comme ces derniers d'avant en arrière, et que le premier arc viscéral existe seul avant que les autres ne soient développés, on comprendra aisément pourquoi le premier arc aortique qui disparaît cependant plus tard dans la majeure partie de son étendue chez tous les Vertébrés, se retrouve pourtant sans exception dans les embryons de tous ces animaux. Sa présence n’est pas un rappel ancestral — aucun Vertébré, si inférieur qu’il soit, ne présente à l’état d’adulte un premier arc aortique complet — c’est une nécessité physiologique.

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