CHAPITRE VIII
queue, le petit tubercule caudal continue de s’accroître et peut même atteindre une grande lonœueur, le forçant à s’enrouler sur lui-même comme on le voit chez les Lézards et les Crocodiles. Si au contraire la queue doit s’atrophier, ce tubercule reste petit, le nombre de ses protovertèbres n’augmente pas, mais celles qui existaient s’atrophient et la queue régresse tout à fait. Il y a donc eu dans ce cas, comme pour la tête, plus d’ébauches qu'il n’en devait être employé en définitive.
Des faits analogues s’observent pour des ébauches un peu plus spéciales que les protovertèbres et par suite moins nombreuses qu’elles, comme les néphrotomes.
Les néphrotomes se développent entre les protovertèbres et la plaque latérale. Théoriquement, il existe un néphrotome pour chaque somite, mais en réalité la présence des néphrotomes n’est constante que dans la longueur du cœlome. Dans cette étendue seulement les néphrotomes existent, ils ne se rencontrent ni dans les protovertèbres céphaliques, ni dans celles qui siègent en arrière du cloaque en un point où la cavité générale est fort réduite si même elle existe. Mais le nombre primitif des néphrotomes ainsi formés est encore beaucoup plus grandque celui d’entre eux susceptibles d’atteindre leur complet développement. Dans la suite du développement les néphrotomes produisent des tubes sécréteurs secondaires qui forment avec les premiers le corps de Woff. Or les néphrotomes siégeant dans la partie crà-
niale du cœlome s’atrophient sans donner de tubes secondaires, ou en donnent très peu, et à mesure que les animaux se perfectionnent,le nombre des néphrotomes antérieurs ainsi voués à une disparition précoce
est plus grand. Déjà chez les Sélaciens les néphro-
tomes les plus postérieurs seuls forment le rein fonctionnant et chez les Amniotes le rein définitif est une formation nouvelle encore plus postérieure. Là où des organes comme les poumons par exemple prendront place dans les parties latérales de la voûte du cœlome, ils en expulseront pour ainsi dire le rein.
Ce ne sont pas seulement les organes métamériques qui présentent au début un nombre d’ébauches plus grand que celui des organes définitifs qui en dérivent, d’autres organes représentés par une ébauche continue, bien que divisible cependant en métamères, au moins théoriquement, subissent aussi certaines régressions. Ainsi le névraxe s'étend au début jusqu’à l'extrémité caudale du corps, et il est à ce niveau aussi développé tout d’abord que dans les régions placées plus en avant. Mais chez tous les animaux la partie terminale de la moelle ne poursuit jamais son évolution comme celles qui la précèdent; déjà chez les Sélaciens où la queue est si puissante et si longue on observe des signes marqués de régression dans la partie terminale de la moelle. Des ganglions spinaux peuvent manquer dans un ou plusieurs segments consécutifs, les paires rachidiennes aussi, le diamètre de la moelle va diminuant graduellement; mais ceci n’est rien à côté de la régression que peut présenter
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