CHAPITRE VIII
la partie terminale de la moelle dans les cas où se forme ce que l’on appelle la queue de cheval. La, toute la portion caudale de la moelle constituée d’abord comme le reste du névraxe par un tube épithélial à parois assez épaisses ne se différencie pas davantage, tandis que la moelle, complètement développée au devant d’elle, semble émigrer dans la partie crâniale du canal rachidien, étirant après elle en un #7 terminal plus ou moins long cette partie du névraxe primitivement semblable à elle, mais qui ne dépasse pas le stade du tube neuraxial formé de cellules épithéliales. On a considéré quelquefois la formation de la queue de cheval comme corrélative à la régression de la queue, mais les choses ne sont pas aussi simples. On observe des animaux à queue longue comme le Rat qui ont cependant une queue de cheval (CARUs. Anatomie comparée, PI. XIX, fig. 4), d’autres à queue courte ou nulle, comme le Hérisson, ont une moelle qui «se prolonge plus que ne le comporte cette brièveté du prolongement caudal» (SERRES. Anat. comp. du cerveau, t I, p.117). Enfin la formation d’une queue de cheval s’observe chez beaucoup de Poissons (Baudroie, Lamproie, Esturgeon) (SERRES. /bid. P. 118), qui ont une queue bien développée. La même chose se rencontre chez le Trigle, et le Poisson lune qui n'a pas de queue bien différenciée il est vrai, montre la moelle la plus réduite que l’on puisse imaginer. En effet, Ussow a noté dans un de ces animaux long de un mètre, une moelle réduite à. douze millimètres de longueur et donnant naissance, sur ce
trajet, à dix huit paires nerveuses disposées en queue de cheval. Quant à la prétendue queue de cheval de la Grenouille, elle résulte d’un tout autre mécanisme que celle des Mammifères. Nous ne pouvons entrer dans de plus longs détails à ce sujet, mais ce que nous en avons dit suffit pour faire voir que le tube nerveux initial est plus long que ne le sera plus tard le névraxe définitif, ou que l’ébauche de ce dernier est plus étendue qu’il ne le sera lui-même.
Faut-il voir dans les dispositions qui viennent d’être indiquées des récapitulations ancestrales? Fautil penser qu’au début chez nos ancêtres les protovertèbres s’étendaient jusqu’auprès des vésicules optiques? Lorsque FRORIEP (1902! p. 43) appelle stade acränien celui dans lequel cette disposition est observée, cette expression est exacte au sens littéral, cet embryon n’a pas de crâne, mais elle n’est pas juste zoologiquement, car cet embryon n’a pas encore de région branchiale et l’acrânien typique vivant encore dans nos mers, l’'Amphioxus, a une région branchiale très développée.
Si nous considérons qu’initialement le rachis d’un embryon montre partout le même degré de développement, présente des ébauches de mêmes dimensions dans toute son étendue — aussi bien là où ces ébauches prendront un développement considérable que là où elles s’atrophieront — au lieu d'admettre que cette disposition primitive rappelle un ancêtre qui aurait été singulièrement peu différencié, ne présentant même pas des régions distinctes,