‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 85 sur 111 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

aucune forme capable de vivre, c’est uniquement un composé d'organes devenus embryonnaires comme le dit Osc. HERTWIG, et ces organes ne reproduisent même pas des formes spécialesapparentées àungroupe donné, ils sont disposés d’une manière uniforme, commune à un trop grand nombre d’êtres pour que l’on puisse y voir autre chose que le matériel général d’où sortiront les différenciations particulières.

Un autre fait du même ordre est présenté par les organes génitaux, ou même plus largement chez les Mammifères, par l’appareil reproducteur entier comprenant les mamelles. On a souvent dit que les embryons étaient hermaphrodites, c’est-à-dire possédaient les organes des deux sexes (1), mais cela n’est pas absolument exact et demande à être précisé.

La glande sexuelle est au début indifférente, mais pas hermaphrodite, pas double; il n’y a pas à la fois un ovaire et un testicule, et si la glande indifférente peut donner ultérieurement dans certains cas à la fois des éléments mâles et des éléments femelles, c’est excessivement rare. Un hermaphrodisme glandulaire effectif (STÉPHAN), c’est-à-dire donnant des produits capables de fonctionner ne se rencontre

(1) Cette question de l'hermaphrodisme est extrèmement confuse parce que l'on a désigné sous ce nom des choses très différentes, nous ne pouvons pas même l’effleurer ici et nous renvoyons pour en prendre une idée conforme à l'état présent de la science à l'excellent travail de P. SrÉPHAN [1902].

que chez certains Téléostéens, partout ailleursce n’est qu’un hermaphrodisme incomplet ou rudimentaire.

Les conduits sexuels sont à la vérité doubles et l’on trouve toujours chez l'embryon des Vertébrés supérieurs un canal de Müller susceptible de se développer en un oviducte si l’embryon devient une femelle, de s’atrophier plus ou moins complètement dans le cas contraire, et un canal de Wolff qui devient le spermiducte du mâle ou disparaît chez la femelle. Sous ce rapport l'embryon peut être dit hermaphrodite, mais il faut bien remarquer que cet hermaphrodisme ne s’observe que lorsque les conduits génitaux sont dans les premiers stades de leur développement. Jamais il ne se rencontre après ces premiers stades dans lesquels ces canaux sont incapables de fonctionner. L’embryon ne possède donc point les voies génitales des deux sexes mais les rudiments capables de les former. 3

Pour leurs organes génitaux externes les embryons des Mammifères ne sont pas non plus hermaphrodites, car la formation de l’organe mâle ou de l’organe femelle ne peut se produire que par l’exclusion de l’autre sexe. L’urèthre du mâle ne peut être donné que par une transformation profonde de l’orifice génital femelle. Dans certains cas où cet orifice ne se ferme pas tandisque le tubercule génital se développe beaucoup, on a cru voir un hermaphrodisme externe, en réalité ce n’est qu’une malformation incapable de fonctionnement.

A côté de l’hermaphrodisme incomplet ou rudi-

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