CHAPITRE IX
En 1901, dans /l’Introduction du Traité d’embryologie comparée et expérimentale des Vertébrés, OscAR HERTWIG parlant de la loi biogénétique reproduit la nouvelle formule qu’il propose de substituer à celle de HAECKEL; enfin, en 1906, à la fin de ce Traité, il revient encore sur la loi biogénétique et expose longuement la position qu'il prend vis-à-vis d’elle (1).
Il examine d’abord la situation de l’embryologie comparée par rapport à l’anatomie comparée, à la systématique et à la théorie de la descendance. L’anatomie et l’embryologie comparéessont, pour lui, deux sciences sœurs étroitement liées entre elles, qui se complètent l’une par l’autre et concourent au même but. On a discuté laquelle avait la prééminence et fournissait la solution des problèmes les plus importants. Cette discussion est inutile, car chacune doit résoudre des problèmes qui lui sont particuliers et contribue ainsi à sa manière à l’accomplissement d’un tout qui, sans elle, resterait incomplet [p. 150].
Le rôle des anatomistes est d’établir des homologies, mais tous les caractères qui servent à cela ont quelque chose de flottant, la grosseur, la forme et la
(1) Ce qui suit, jusqu'à la page 217 est un résumé presque textuel d'Oscar HERTWIG; beaucoup de phrases sont littéralement traduites, l'ordre suivi par l’auteur est respecté. Grâce aux indications souvent répétées de la pagination il est facile de se reporter au texte lui-même. Je n'ai mis entre guillemets que les phrases essentielles, mais la plupart des autres sont aussi une traduction littérale du texte,
constitution des organes varient, leur développement peut présenter des modifications et leur fonction peut changer dans des cas exceptionnels.Il y a donc divers degrés d’homologies ou bien des homologies complètes ou incomplètes.
On a voulu souvent lier l’idée d’homologie avec celle de descendance ; on ne considérerait donc comme homologues que les organes que l’on pourrait regarder comme hérités d’ancêtres communs. Mais cela constitue plutôt une difficulté qu’un avantage pour l'établissement des homologies, car la démonstration d’une origine commune est, dans la pratique extraordinairement difficile à obtenir. L’anatomie et l’embryologie comparées fournissent seules le matériel scientifique qui permet de construire un système naturel des animaux et de présenter des hypothèses sur leurs rapports génétiques. L’homologie est un résultat de la réflexion acquis à la suite de comparaisons, et qui persiste toujours, que l’'homologie trouve son explication dans une dérivation commune ou dans les lois qui président à la formation des organismes [p. 151].
Les organes homologues se laissent ranger en séries régulières dont les termes sont reliés par maints passages, tels par exemple les différents états membraneux, cartilagineux et osseux du squelette axial. Il n’est pas difficile en pensée de conduire d’un deces états à l’autre et de faire ainsi « d’une série obtenue par un arrangement artificiel d'organes homologues, une série apparemment génétique » [p. 152].