‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 9 sur 111 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

propres à chacun, et de l’existence de tant d'organes à demi effacés ou totalement oblitérés, doit se rapporter au développement plus considérable de quelques-uns ; développement qui ne s’opère toujours qu’aux dépens de ceux qui se trouvent dans le voisinage» [p.137]. Il revient plus tard sur le même sujet : il a observé, en 1806, « dans les gencives (chez un fœtus de Baleine) des germes de dents qui m'ont paru distribuées comme les dents ellesmêmes des Cachalots... On sait cependant que les Baleines adultes n’ont point de dents... J’airapporté cette observation pour donner une nouvelle preuve de la tendance de la nature à faire reparaître partout les mêmes organes, et pour faire voir que si quelques-uns de ceux qui appartiennent à des classes, manquent quelquefois dans certaines espèces, on en doit chercher la cause dans le développement excessif d'organes contigus ou voisins » [p. 157]. Et dans ce même mémoire, voulant déterminer les os du crâne des Poissons, il affirme, pour un cas particulier seulement il est vrai, sa croyance au parallélisme lorsqu'il dit : « Ayant imaginé de compter autant d’os (dans le crâne de l'Homme) qu’il y a de centres d’ossification distincts et ayant essayé de suite cette manière de faire, j'ai eu lieu d’apprécier la justesse de cette idée : les Poissons, dans leur premier âge, étant dans les mêmes conditions relativement à leur développement que le fœtus des Mammifères, la théorie n’offrait rien de contraire à cette supposition » [p. 160]. On trouve aussi, dans GEOFFROY SAINT-

VIALLETON. Problème évolution. 2

HILAIRE, une idée très précise de l’importance des organes rudimentaires, qui seront plus tard une des colonnes de l’œuvre de DarwIN. La notion de ces organes est déjà implicitement contenue dans la citation, rapportée plus haut, de son mémoire de 1800 ; il y insiste de nouveau en 1806. « On la voit (la nature) tendre toujours à faire reparaître les éléments, en même nombre, dans les mêmes circonstances, et avec les mêmes connexions. S'il arrive qu’un organe prenne un accroissementextraordinaire, l'influence en devient sensible sur les parties voisines, qui, dès lors, ne parviennent plus à leur développement habituel... , elles deviennent comme autant de rudiments, qui témoignent en quelque sorte de la permanence du plan général » [p. 156]. GEOFFROY revient encore sur les organes rudimentaires dans sa Philosophie anatomique, t. TI. p. 51-55.

Enfin, il considère certains faits tératologiques comme une répétition de dispositions existant chez certaines espèces. Une anomalie de l’appareil reproducteur est expliquée comme l’état normal du Loris. « Une anomalie pour une espèce, dit-il, retombe dans ce qui est la règle pour une autre » [p. 257].

Toutes les modifications du plan unique d’organisation qu'il concevait, GEOFFROY SAINT-HILAIRE les attribuait à l’action du temps, des milieux et du fonctionnement. Il disait en effet dans sa Philosophie zoologique [p. 22]: «II n’est qu’un même mode de formation pour engendrer les faits organiques, soit que son action s’arrêtant de bonne heure donne les

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