CHAPITRE IX
en une infinité de cycles de développements. Comme la partie ne peut pas égaler le tout, chaque ontogénie ne peut être comparée à la chaîne, mais seulement aux autres anneaux. Supposons l’espèce fixe, chaque anneau serait semblable aux autres et le processus ontogénétique se serait effectué dans le premier anneau comme dans le dernier (actuel). Un Mammifère aurait passé par les stades À œuf fécondé, B germe pluricellulaire, € vésicule blastodermique, D gastrula, E neurula...., Z sa forme finale. Le dernier comme le premier anneau aurait la formule % BC, D, E;.... Z: L'œuf de la première ontogenèse d’un Vertébré aurait donc la même constitution que celui du descendant actuellement vivant [p. 156-157].
Pour les partisans des variations, dont est HERTWIG, il peut y avoir deux points de vue.
Pour la plupart d’entre eux la manière de voir est la suivante: l’ontogenèse d’un Mammifère par exemple, commençant avec l’œuf et conduisant par une suite de stades de développement devenant toujours plus compliqués au produit terminal si extraordinairement complexe, nous donne jusqu’à un certain point l’image de l’évolution de l’espèce, mais à la vérité imparfaite et avec de nombreux traits effacés. Pour avoir la représentation des formes ancestrales disparues, nous n’avons, en partant de l’état actuel des choses, qu’à raccourcir chaque ontogenèse d’un stade final, de telle manière que le stade précédant devient la forme finale qui correspond à
peu près à un ancêtre disparu, et nous devons prolonger en pensée cette opération jusqu’à l’œuf. Par conséquent le premier stade de l’ontogenèse d’un Mamnmifère, la cellule œuf, nous représente les états les plus simples sous lesquels l’espèce a vécu à une époque démesurément éloignée. De même des stades phylogénétiques correspondent à chacun des stades blastula, gastrula, neurula, etc.. que l’on observe dans l’ontogénie. Dans chaque ontogenèse le processus phylogénétique de la formation de l’espèce est simplement récapitulé [p.157] Pour représenter la chaîne phylogénétique on peut employer la formule :
A... A°..AÀ..nA7.. AN. ete. jusqu as
à PE 2 à PA = PA —— — B GS SCA .
DD x E ;
(1) Dans cette formule les lignes verticales lues de haut en bas donnent la série des stades successifs de l'ontogenèse, tandis que la ligne oblique de gauche à droite et de haut en bas formée par les lettres grasses représente les stades de la phylogénèse. Comme on le voit les différents termes de ces deux séries se correspondent exactement ; dans la quatrième ligne par exemple, les stades de l'ontogenèse A, B, C. D, E répètent rigoureusement ceux de la phylogenèse A,B, C, D, E, la différence typographique des lettres n'indiquant pas une différence correspondante des stades. En d'autres termes, en partant d'une forme quelconque E, par ex., on peut remonter dans les deux sens vertical et oblique en rencontrant les mêmes états.