‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 96 sur 111 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

S7, dit-il, le stade ontogénétique des Mammifères dans lequel existent les fentes branchiales et désignons par la lettre S l'ancêtre correspondant dans lequel l’ontogenèse se termina par la formation des fentes branchiales. Cet ancêtre aurait donc eu comme forme achevée des fentes et des arcs branchiaux et une vie aquatique. « Mais avec cela ést-ce que le problématique S nous est suffisamment connu pour que nous puissions nous faire de lui une image nous permettant de le classer ? Je ne le crois pas. Il est seulement clair que la forme permanente correspondante n’a pu exister sous l’état dans lequel notre embryon de Mammifère possède des fentes et des arcs branchiaux, S° ne ressemble donc pas à S » [p. 167].

Il nesuffit pas de dire que S était un être pisciforme. En dehors des Poissons il existe beaucoup de

Vertébrés branchiés, Dipneustes et Pérennibranches,

qui pourraient aussi bien être rapprochés de cet ancêtre hypothétique, mais 1l a pu se rencontrer en outre des êtres qui n'étaient ni des Poissons, ni des Dipneustes, ni des Amphibiens et qui n’existent plus maintenant, soit que leur descendance ait disparu, soit simplement parce qu'ils se sont développés en Mammifères [p. 168].

Les fentes et les arcs branchiaux d’un embryon de Mammifère, de même que sa corde dorsale ne peuvent rien nous apprendre sur la forme ancestrale réelle d’où dérive cet animal, parce que ce ne sont pas des organes capables de fonctionner, mais des organes devenus embryonnaires (voyez le développe-

ment de cette idée ch. V p. 118) et que l’animal qui les possède ne peut en conséquence représenter aucune forme permanente si simple qu’elle soit. Les arcs et les fentes branchiales d’un embryon n’ont «aucun rapport avec des fentes branchiales, et les pièces squelettiques nées dansleurs environs ne sont | | | |

pas plus que leurs vaisseaux des arcs ou des vaisseaux branchiaux, car des branchies ne se forment jamais. Ce sont des ébauches embryonnaires d’où sortira plus tard quelque chose de tout à fait différent. Ce sont des formes de passage embryonnaires, qui sont destinées chez les Mammifères a un but tout autre que les arcs branchiaux homologues des Vertébrés inférieurs » [p. 160].

HERTWIG polémique à différents endroits contre l'hypothèse de l’origine monophylétique des êtres vivants qui est au fond la pensée de beaucoup de transformistes. Lorsque, dit-il [p. 165], la nature a le pouvoir de former différentes espèces d’hydrocarbures, de graisses, de protéines, pourquoi aurait-elle dû se limiter à la création de cellules d’une seule espèce; alors que la cellule est une forme de vie qui comporte d'innombrables différences.

Les formes embryonnaires communes ne prouvent pas non plus l’hypothèse monophylétique, car certaines ressemblances peuvent être dues à de tout autres causes qu’à la descendance. « Ainsi, dans le règne végétal, la nécessité de recevoir l’action de la lumière a conduit à diriger toute la forme des plantes en organes déployés au dehors, feuilles et rameaux, et

al

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