Lettre de Baumier aux administrateurs de la compagnie
, Paris, le 19^ aoust 1793.
Vous aurés appris, Messieurs, que Ton avait passé à Tordre du jour sur la pétition de la compagnie ; cette détermination a été provoquée par Delaunay qui a cru que nous demandions provisoirement la levée des scellés ;
(1) Un citoyen Baumier joua un rôle important aux Jacobins au cours de l'année 1792. Il poiussa plus que personne à la déchéance du roi et à l'insurrection du 10 août. (Voir .A.ulard, Société des Jacobins, t. 111, pp. 365, 40y, 513, 569 ; t. IV, pp. 2, 26, 77, 87, 116, 387.) Le même fut chargé d une mission du conseil exécutif dans l'Eure et le Calvados à la fm de juillet 1793 et demanda en cette qualité un certilicat de civisme à la section de Molière et Lafuntaine qui refusa de le lui accorder avant de consulter le ministre de l'intérieur. (Arch. nationales, F" iô6'J.) Ce Baumier esl-ii le même que le nôtre ?
il serait peut-être convenable d'écrire tout de suite -lu Président de la Convention pour relever cette erreur ei lui expliquant que la compagnie demande seulement, au nom de la justice et de l'équité, que les comités réunis du commerce, des finances, dfe Salut public et des Six fassent un prompt raport sur les intérêts de cette association, après avoir préalablement entendu et discuté leur justification, le priant de communiquer à la Convention la lettre avant la définitive rédaction du procès-verbal, et comme Delaunay et Fabre paraissent fortement prévenus, il importerait, je crois, de convaincre particulièrement quelques députés comme Danton, Cambon, etc., que l'on a calomnié la compagnie et qu'elle est étrangère à toute espèce d'agiotage. Du reste, Messieurs, vous savés beaucoup mieux que moi ce qu'il convient de faire pour les intérêts de la compagnie et, pour ce qui me concerne, je
m'en remets entièrement à vous.
Raumier.
Messieurs les administrateurs de la compagnie des Indes.
Aux citoyens administrateurs de la compagnie des Indes, place des Piques n° 9. (Archives nationales, A Ji 536.)
Les menaces, que Fabre d'Eglantine avaient suispendues, dans la conclusion de son discours du 14 août, contre la caisse d'escompte et conttne les compagnies d'assurances, furent réalisées par Cambon à la séance du 24 août. Sur sa proposition appuyée et complétée par Thuriot, la Convention vota ce jourlà la suppression de toutes les compagnies par actions.