‹ Un proces de corruption sous la terreur; l'affaire de la Compagnie des IndesChapitre 20 sur 94 · Les explications de Julien de Tonlouse · texte numérisé non relu

Les explications de Julien de Tonlouse

Quelques jours avant la pétition des Jacobins à la Convention contre les financiers (D, deux hommes que je n'ai point connus vinrent au Comité de Sïireté générale où je me trouvois seul, et ils me dénoncèrent cette compagnie [des Indes] comme ayant prêté de l'argent à Capet. etc. Par leur refus de signer cette dénonciation, je ne voulus pas la recevoir ; ils se retirèrent très mécontens. et dans le même moment, il se répandit le? bruits les plus défavorables contre les compagnies fmancières en général : je me trouvois dès lors entre deux écueils, l'un de frauder les intérêts de la république par mon silence, l'autre de compromettre quelques particuliers ; le bien général dut l'emporter et je me décidai alors de faire part à la Convention de la dénonciation que l'on m'avait faite. Je n'ai jamais eu d'autre objet de ma détermination et si je ne l'eusse fait, ne pouvois-je pas être dénoncé moi-même ?

{Suite de ma réponse à mes dénonciateurs ou Observations pour Julien (de Toulouse), représentant du peuple. floréal an III, pp. .5-6.,

Cette défense de Julien est si pitoyable qu'elle équivaut à un aveu. Quoi ! Julien accepte d'entendre au comité de Sûreté générale des dénonciateurs inconnus qui refusent de signer leurs dénonciations, et il ne fait pas arrêter ces personnages suspects. Il craint d'être à son tour attaqué par eux. s'il no se faisait pas l'écho bénévole de leurs racontars anonymes ! Quand il s'agis-

(1, Cette pétition eut lieu le 14 sepUjmbre 1793. Sur les incidents qui la provoquèrent et qui la suivirent, voir mon livre La Révolution et les Etrangers, pp. 150 et suivantes.

sait de dénonciations portées contre son ami d'Espagnac, et portées non par des inoonnuis, mais par des hommes comme Gambon, Julien ne se montrait pas si crédule.

Retenons que la campagne commencée contre la compagnie des Indes après le 31 mai eut ipour auteurs des hommes tarés, des Montagnards d'affaires, liés les uns aux autres par des liens de camaraderie ou d'amitié, dont les initiatives furent parallèles et tendaient au même but : affoler les administrateurs de la compagnie en les menaçant des scellés, de l'arrestation, de l'échafaud et de la confiscation. Delaunay (d'Angers), Fabre d'Eglantine, Thuriot, iDelacroix (d'Eure-et-Loir), Chabot, Julien (de Toulouse), agissaient comme en vertu d'une entente préétablie. La lettre de Baumier suffit à montrer que la compagnie chercha à intéresser à sa défense des hommes comme Danton et Gambon.

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