La fin du discours de Robespierre du 27 brumaire
Portez la lumière dans l'antre de ces modernes Cacus. où l'on partage les dépouilles du peuple en conspirant contre sa liberté. Etouffez-les dans leurs repaires et punissez enlin le plus odieux de tous les forfaits, celui de revêtir la contre-révolution des emblèmes sacrés du pa-
triotisme et d'assassiner la liberté avec ses propres armes. Le période où vous êtes est celui qui est destiné à éprouver le plus [orlement la vertu républicaine. .\ la fin de cette campagne, finfùine ministère de Londres voit d'un côté la ligue presque ruinée par ses efforts insensés, les armes de l'Angleterre déshonorées, sa fortune ébranlée, et la liberté assurée par le caractère de vigueur que vous avez montré ; au-dedans il entend les cris des Anglais mêmes, prêts à lui demander compte de ses crimes. Dans sa frayeur, il a reculé jusqu'au mois de janvier la tenue de ce parlement, dont rapproche Tépnuvante. Il va employer ce temps à commettre parmi vous les derniers attentats qu'il médite, pour suppléer à l'impuissance de vous vaincre. Tous les indices, toutes les nouvelles, toutes les pièces saisies depuis quelque temps se rapportent à ce projet. Corrompre les représentants du peuple susceptibles de l'être, calomnier ou égorger ceux qu'ils n'ont pu corrompre, enfin arriver à la dissolution de la représentation nationale. Voilà le but auquel tendent toutes les manœuvres dont nous sommes les témoins, tous les moyens patriotiquement contre-révolutionnaires que la perfidie prodigue pour exciter une émeute dans Pans et bouleverser la République entière. (Archives parlementaires, t. LXXIX. p. 384.)
Il est visible que ce qui préoccupe Robespierre, c'est beaucoup moins les coups de bourse des <( modernes Cacus » que leurs manœuvres démagogiques qu'il croit inspirées par l'ennemi. Son mot sur « les moyens patriotiquement contrerévolutionnaires )) fit fortune. La presse le répéta à satiété et l'appliqua naturellement aux meneurs de l'hébertisme. Billaud-Varenne donnait 1© lendemain la même note aans son rapport sur l'organisation du gouvernement révolutionnaire. Lui aussi mit en garde contre « l'exaltation malencontreuse », « le zèle astucieusement exagéré » de ceux qui semaient les suspicions et les calomnies et qui recevaient pour cette besogne l'or de Pitt. Même son de cloche enfin dans le rapport par lequel Amar, le 28 brumaire, viul justifier bs arrestation? (^evant la Convention.