‹ Un proces de corruption sous la terreur; l'affaire de la Compagnie des IndesChapitre 38 sur 94 · Xotte (sic) remise à Dnf .[ourmj '.'] par Bous · texte numérisé non relu

Xotte (sic) remise à Dnf .[ourmj '.'] par Bous

Est-on instruit qu'une somme de 100:000 liv. (probablement celle dont il a été fait tant de bruit; avoit été extorquée par Chabot à des citoyens dont toute la fortune consistoit en actions de la compagnie des Indes. Il les épouvantoit en assurant que sans ce sacrifice qu'il demandoit, non pour lui, mais pour Fabre d'Eglantine, ils seroient ruinés par les motions et persécutions de ce député, tandis qu'au moyen de cette somme non seulement ils assureroient leur tranquillité mais encore qu'ils retrouveroient et ce sacrifice et un bénéfice considérable dans la hausse du

l)rix de leurs actions en cessant cfavoir Fabre d'Eglantine pour persécuteur.

Xa. Ce. fut le jour où Cliabot fut déposer au tribunal révolutionnairle dans Taffaire de Brissot que Chabot, ayant reçu les lOO.OOO 1., fit dire à ceux qui s'étoient cottisés pour former cette somme qu'elle avoit été remise par luy même et déposée sous enveloppe dans la chambre de Fabre d'Eglantine, qu'ainsi ils pouvoient être tranqui'ls sur leur sort, que Fabre d"Eg"lantine signeroit le décret présenté par la Convention, sauf quelques changémens de peu d'importance, mais qu'il étoit impossible de ne pas y insérer, y ayant eu un décret pour admettre dans la rédaction des amendements de Fabre d'Eglantine.

On se souvient certainement du jour où Chabot soutint dans la Convention un rapport de Launay d'Angers contre la confiscation des biens des Anglais en France. On se souvient que Chabot traita de contre-révolutionnaires, d'hommes vendus à Pitt et achetés de l'or des étrangers les auteurs ou les deffenseurs de la pétition pour la confiscation. On se souvient enfin que Chabot ajouta que pour soutenir la pétition au lieu de la combattre, on iluy avoit offert 100.000 1., mais sait-on que dans la tribune même Chabot avoit au contraire 200.000 l. dans la poche en lettres de change pour combattre la pétition, que pendant plusieurs jours il avoit suivi le banquier anglais Boydker pour en obtenir cette somme. Il est à observer que ce banquier avoit pour plus de 4 millions de vajeurs sur TEtat. qu'il avoit intérêt de préserver de la confiscation, ce que Chabot savoit parfaitement. 11 est vrai qu'après le décret portant confiscation, Boydker fit refuser le payement de ses lettres, de change données par luy à Chabot ; mais Chabot trouva le moyen de le resaisir dans un autre tems en concertant avec Boydker un moyen d'évasion, il l'épouvantoit principalement de Robespierre qui avoit dit à Chabot (disoit Chabot) que si il manquoit un bourreau pour exécuter ce banquier, il en serviroit avec plaisir. (Archives nationales, \\' 342.)

Cette note est très intéressante parce qu'elle émane d'un ami de Dufourny qui était très lié avec Fabre. Elle confirme ce qu'avait dit Basire sur l'origine des fonds consignés aux (( associés » et remis par eux à Chabot. Ces fonds provenaient bien de la compagnie des Indes. Chabot se les était procurés en faisant peur aux actionnaires de Fabre qui avait fait voter l'amendement sur la liquidation par les agents de l'Etat. Il avait promis à ses dupes de les remettre à Fabre d'Eglantine. Ce serait le jour de sa déposition au procès des Girondins, le 5 brumaire, 26 octobre, qu'il aurait réussi cette opération de chantage. Par une curieuse coïncidence, c'est précisément le lendemain, 6 brumaire, que Fabre et Delaimay remirent ;i Louis du Bas-Rhin la rédaction du décret de liquidation, sur laquelle ils s'étaient enfin mis d'accord. Bous croit que Chabot usurpait le nom de Fabre en s'en servant auprès des banquiers comme d'un épouvantail. Mais, quand on constate que Fabre signa l'abandon de son amendement et ne protesta nullem'eait, même après la dénonciation de Chabot, contre le décret falsifié qu'il considérait évidemment comme valable (avec tout le comité à ce moment), on se demande si Chabot, Fabre et Delaunay ne s'étaient pas mis d'accord dans la soirée du 5 brumaire et s'ils ne se sont pas partagé les dépouilles arrachées à la compagnie des Indes. Mais Dufourny et Bous n'avaient probablement pas examiné le texte du décret publié le 6 brumaire. Ils étaient les amis de Fabre. Ils pensaient lui donii'er des armes contre Chabot

C'est probablement dans la même intention que le citoyen Chol, membre du comité révolutionnaire de la section de Brutus, qui avait été chargé de mettre les scellés sur les papiers de 'Delaunay, rendit compte au comité, le 29 brumaire, que son collègue Henry Jacob lui avait dit (( que ce même jour, vers 10 heures du matin, il avoit reçu chez lui la citoyenne Descoings et l'avoit entretenue de ce que Delaunay d'Angers, représentant du peuple, lui devoit pour honoraires comme chirurgien ; que, dans cet entretien, elle lui avoit dit que les banquiers Boyd Ker, demeurant rue de Grammont, avoient offert à Delaunay 400.000 livres pour leur faire obtenir un passeport pour passer à Londres ; que cependant elle avoit en quelque sorte modifié ce fait en disant que Launay, racontait ce fait dans diverses occasions, tantôt disoit 100.000 livres.

tantôt 200.000, tantôt que la somme lui avoit été offerte pour l'offrir à d'autres » U). Jacob signa cette déclaration qui était intéressante. On aurait pu s'attendre que Voulland, qui avait déjà interrogé la demoiselle Descoings, le matin même, au moment de la levée des scellés, la fit venir de nouveau sur le champ, pour la confronter avec Jacob et Chol. Voulland n'en fit rien. Décidément, le comité de Sûreté générale n'éttait pas curieux de connaître les dessous financiers de l'affaire.

Julien de Toulouse ayant été perquisitionné, le 18 septembre, le comité savait à quoi s'en tenir sur son compte. Il avait en mains les preuves de sa collusion avec les fournisseurs d'Espagnac et Thabaud et avec de nombreux aristocrates. Il interrogea cependant son secrétaire. Pierre-Bernard Vasilières, qui confirma qu'il avait vu D'Espagnac chez Julien trois ou quatre fois et deux fois chez Delaunay. Il ajouta qu'il n'avait jamais vu Chabot chez Julien (2). Vasilières fut incarcéré le !«■■ frimaire à La Force.

Batz avait été représenté par Chabot comme le deus ex machina de l'affaire. Il était en fuite. Le comité interrogea, le 27 brumaire, Louis Biret, domestique de sa maîtresse, la Grandmaison. L'interrogatoire n'apprit rien d'intéressant 0), Un nouveau mandat d'arrêt fut décerné, le 12 frimaire, contre Batz et Benoît, dont on soupçonnait la présence à Bomainville et dans les environs (^). Les recherches furent infructueuses.

L'enquête politique, visiblement, était poussée avec plus d'activité que l'enquête financière. Le comité laissait dormir les administrateurs de la compagnie des Indes, mais il traquait avec persévérance les meneurs hébertistes qualifiés d'agents de l'étranger. Après qu'e Robespierre eût fait expulser des Jacobins, le 1'^'' frimaire, Proli et ses amis Dubuisson, Desfieux et Pereira, et décider l'épuration du club, le comité, trois jours plus tard, fit incarcérer Tes deux derniers à Sainte- Pélagie. De leur prison, ils écrivirent lettres sur lettres pour demander a être interrogés. Le conuité avait d'autres soucis. Desfieux se dit prêt à prouver que ce qu'on avait dit de ses

(1) Archives nationales, F'' 4672.

(2) Id., F'' 4775*°.

(3) Id., F'' 4661.

(4) Id., F' 4588.

liaisons avtc Batz, Benoît et autres étaient « autant de mensonges et de calomnies », qu'il n'avait jamais été mêlé à l'affaire Chabot, et, de fait, Chabot ne l'avait pas nommé. Le comité fit la sourde oreille (D.

Pereira protesta avec indignation par cttite lettre adressée à Robespierre lui-même. •

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