Le second inlcrrofjdtoire de la Dcscoiiujs
Comité de Sûreté générale et de Surveillance de la Convention nationale.
Du vingt-cin(iuièni(' jour de Nivôse l'an second de la République française, une et indivisible.
La citoyenne Des Coings a (de anienéo au comité, ensuite de l'ordre d'hyer, il lui a été fait l'interrogatoire suivant :
D. — Quelle est la déclaration que vous avez annoncé avoir à faire au comité dans la l(dtre (lue vous avez écrite au Président du comité sous la dalle du "27 t'rlmalre ?
R. — Je dénonce avoir lu une lettre écrite à Delaunay par Chabot quelques jours après le décret rendu contre les Anglais dans laquelle Chabot faisoit des reproches à Delaunay de ce qu'il ne vouloit pas s'intéresser pour Boid, banquier anglais, et pour ses beaux-frères à lui Chabot, que s'il vouloit faire réponse à sa lettre, il eût à se trouver entre Midi et une heure chez led. Boid, riie Richelieu, et que s'il ne s'y trouvoil pas, ce seroil une preuve que lui Delaunay avoit donné des nottes tendajites à le faire dénoncer, lui Chabot, aux jacobins. J'ajoute que Delaunay m'a remis cette lettre en me disant que si Chabot veiioit chercher la réponse, je lui dise que lui Delaunai ne se mêloit pas d'affaires et qu'il ne se Irouveroit pas au rendés-vous. Comme je ne voyois pas de quelle conséquence il étoit de garder une pareille lettre et que je ne prévoyois pas tout ce qui est arrivé, je l'ai jeté au feu comme beaucoup d'autres que l'on écri voit à Delaunay.
2° Je déclare qu'un commis employé dans les bureaux de Levrart (1), négociant, demeurant dans la même maison que moi, dont je ne sais pas le nom, mais (pie je connois de figure, m'a dit avoir entendu dans un citlV'. le lendemain de l'arrestation de Delaunay. nn ca|)itaine des charrois de l'armée pour les fourrages dire que Jullien de Toulouse et Chabot avoient un intérêt depuis le commencement de la guerre dans les marchés de Despagnac, tpie ce même commis a tenu les mêmes propos au secrétaire dud. I.evrart en ma présence, que led. cai)itaine est venu chez moi et m'a tenu les mêmes propos que je viens de ra\)porter, en m'ajoutant qu'il avoit été dans un comité de la société des jacobins pour y faire cette dénonciation.
3° Je déclare qu'il est à ma connoissance que la femme avec laquelle vivoit Chabot avant son mariaee (2) a dornu'
(1) Le même banquier Levrart (ou Levrauli) est indiqué par Proli comme un intime de Fabre d'Eglantine.
(2) .Julie Berger, qui se déclara enceinte de Chabot, quand il la quitta pour épouser Lénpoldine Frey. File obtient de Thabot une pension alimentaire pour élever son enfant.
l'arrestation de fabre d'églantine 29*^
aux Jacobins des renseignemens tant sur la fortune dont jouissoit (Uiabot avant son mariage que sur les moyens qu'il avoit employé pour l'acquérir, et notamment qu'avant l'époque de ce mariage, Chabot avoit chez lui une grande quantité d'argenterie.
De tout quoi nous avons dressé le présent procès-verbal et lecture faite à la citoyenne Descoings, elle a persisté dans sa déclaration et a signé
Descoi.ngs, Amar. Jagot.
(Archives nationales, W 342.
Pendant que la Descoings cliargeait Chabot, celui-ci chargeait Fabre.