Chabot à Robes incrre
Du secret du Luxenihmirg. le ipiartidi. jour du plomb, 26 nivôse, l'an II.
François Chabot à son collègue Robespierre aîné.
Robespierre,
Si tu avois été témoin de mon interrogatoire, tu aurois vu rinfluence de Fabre sur les (luestions.
Notre affaire prend enfin une tournure, et le rapport ne peut pas tarder à se faire ; je ne puis cependant pas te cacher ma nouvelle crainte qui vient de m'obséder. Tu m'avois recommandé de ne pas compromettre, tant que je pourrois, des patriotes : tu me parus prendre quelque intérêt à Fabre qui t'avoit trompé. Je n'ai pas dit tout ce que je savois sur son compte ; d'abord par respect pour tes conseils, et ensuite parce qu'on m"a fait dire, dès le commencement de frimaire, que Fabre d'Eglantine travailloit à notre rapport avec Amar. son intime ami. Je te dirai plus : le 24 brumaire au soir, je voulus dénoncer au comité les deux factions opposées que tu as découvertes
et dévoilées. Je dis un mol de mes soupçons sur Fabre : Amar me dit, d'un ton sec, que je m'étois trompé sur son compte. Les membres présens au comité pourront attester ce fait. Lorsqu'Amar est venu m'interroger avec Jagot, j'ai voulu hasarder quelques réflexions sur la coterie de Sambal, où Fabre alloit avec des aristocrates suisses 'i', combiner les motions à faire ; Amar n'a rien voulu écrire et m'a dit que j'étois dans l'erreur au sujet de Sambat et compagnie. Au reste, je n'ai jamais eu que des soupçons sur leur compte, et j'ignorerois l'existence du faux décret signé par Delaunai et d'Eglantine, si je n'avois reproché à Amar que sa marche dans cette affaire tendoit à sauver Delaunai, et à me perdre seul dans cette affaire. Je te prie de ne pas perdre de vue ces faits, lorsque tu donneras ton avis sur les conclusions du rapporteur, sur lesquelles je ne me fie pas, malgré l'absurdité des .récriminations qu'un falsificateur de décrets peut avoir faites contre son dénonciateur reconnu. J'ai toute ma confiance en ta justice, el elle a augmenté à la lecture de tes discours aux Jacobins.