UN PROCUREUR GENERAL DE CLUNT
Régent au sujet de la Bulle Unigenitus en ces années i^i^ et 1718, et aussi sur les dispositions de la cour de Rome et les intrigues qui s'y nouaient.
Ces documents se trouvent aux Archives des Affaires Étrangères, Correspondance de Rome, t. 534 ^ ^90» ^t aux Arcliives Nationales, série K, 13^, liasse 7. Nous faisons choix parmi eux des pièces les plus intéressantes, que nous reproduisons in extenso, au risque de quelques longueurs, inévitables lorsqu'on ne se borne pas à utiliser les documents en vue d'éclairer un sujet déjà connu d'ailleurs.
Voici d'abord le mémoire adressé au Régent, vers septembre ou octobre 1716, par les supérieuis de l'étroite observance de Gluny.
Par^ une Bulle de Clément VII ^ le monastère collège de S*-Martial d'Avignon doit être gouverné, et desservi par des Religieux du Monastère de Cluny.
En l'an 1668, M^ F Abbé de la Coste ^ Recteur dudit Monastère-
1 . Affaires étrangères, Correspondance de Rome, t. 558, fol. 420 et dernier.
2. Cette bulle, datée du 22 septembre 1879, est publiée ^^ tête des pièces justificatives de l'Histoire chronologique des recteurs et administrateurs du Collège de S. Martial, fondé à Avignon par les Abbés de Clugny ; où Von voit clairement que la Rectorie de ce Collège n'a jamais esté Bénéfice; mais qu^elle a toujours esté une simple Commission et Administration, revocable à la volonté des Abbés de Clugny . Avignon, 1688, 84 p. in-fol. Cet ouvrage fut publié à la fois en latin et en français par le Père Jean Bertet, né à Tarascon le 24 février 1622, qui fit profession dans la Compagnie de Jésus le 25 janvier 1687, mais dut la quitter en 1681, quoiqu'il fû.t profès des quatre vœux depuis 1659. Il se retira dans la prévôté d'Oulx, de l'ordre de Saint-Benoît, dans la province de Turin, et mourut à Paris en 1692. Le cardinal de Bouillon, son ancien élève, demeura son protecteur ; et l'Histoire de D. Bertet n'a pas d'autre dessein que de défendre les droits des Abbés de Cluny contre les prétentions du vice-légat d'Avignon. Il en existe un exemplaire à la Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22478, fol. 27.
3. Dom Gaspard de Simiane de La Coste, religieux de Saint-Victor de Marseille et prieur de Bonieux, avait été pourvu en i643 de la rectorie de Saint-Mart'ial par le vice-légat d'Avignon, Frédéric Sforza. Le prince de Conti.qui venait d'être nommé Abbé de Cluny, s'y opposa, et obtint gain de cause en i645 devant le tribunal du cardinal Barberin, nonce apos tolique en France ; mais trois ans après, le 4 mai 1648, il nomma lui-même
. de La Coste recteur à vie, et cette nomination fut successivement
Collège, pour satisfaire à la disposition de cette Bulle, y appella des Religieux Ileronnez de l'Abbaye de Cluiiy, comme il paroit par le Concordat fait entre ledit S"^ Abbé, et les Supérieurs majeurs de ladite Reforme, et exécuté sans opposition quelconque durant cinquante ans environ.
En l'an 1708, M. le Cardinal de Bouillon, Abbé commendataire de Cluny, piqué de ce que lesdits Religieux Reformez avoient obtenu contre luy 3 Arrêts, du Grand Conseil, du Conseil d'Etat, et du Parlement, lit solliciter en Cour de Rome un ordre du Cardinal Ministre *, qui defendoit aux Religieux dudit Monastere-College, de reconnoître la jurisdiction des Supérieurs majeurs de ladite Reforme ".
En Tan 17 13, M. le Cardinal de la Trimoidlle fut chargé par ordre du Roy de représenter au Pape, que s'il empêchoit que les Religieux de S*-Martial ne reconnussent les Supérieurs qui sont en France, il empôcheroit de son côté, que les François ses sujets ne reconnussent les Généraux qui sont à Rome.
En l'an 1716, les Supérieurs de ladite Reforme ont pris la liberté de présenter à Son Altesse Royale Monseigneur le Prince Régent un Placct tendant à ce qu'il luy plût rétablir leur jurisdiction dans ce Monastère.
Ce Placet a été renvoyé au Conseil de Conscience, et communiqué à M. l'abbé d'Auvergne % lequel au lieu d'attendre avec respect la décision du Prince Régent, a envoyé d'authorité à Avignon des Religieux d'une observance relâchée qu'il a ramassé en Dauphiné et en Provence, pour en fermer pour toujours l'entrée aux Reformez.
confirmée par les cardinaux Mazarin, d'Esté et de Bouillon, tous trois Abbés de Cluny. Dom de La Cosle gouverna le collège de Saint-Martial jusqu'à sa mort, survenue le 4 septembre 1686.