XV. — DU MÊME AU MÊME
Lion ce 9 janvier 1718.
Monsieur,
Bien ' que jaye devancé le courrier a Turin de deux postes que javois pris sur luy, les glaces et les neiges plustot que la fatigue ont si fort retenu le voiturin qui me conduisoit quil napu me rendre que hier a Lion. Je prens demain la diligence pour Paris ou étant arrivé avec laide du Seigneur jespere declaircir S.A. R. sur tout ce que jay avancé, après pourtant avoir pris la précaution qu'une si grande affaire demande de recourir au Seigneur par la prière pendant deux ou trois jours et mètre disposé par ce moyen a parler a notre incomparable prince. Jespere que Dieu bénira mes peines et les recompensera dautant que luy seul peut en avoir une parfaite connoissance, et que je puis vous asseurer que je ne désire dans ce inonde en cette occasion que Ihonneur detre écoute du prince qui seul peut mètre lin aux maux qui afligent et qui aÛigeront longtemps l'Eglise et le Royaume en particulier si la cause du mal n'est otée.
Jespere den donner les moyens dont la découverte vient plustot du Seigneur que du hasard qui paroit me les avoir procurées. Faites moy la grâce Monsieur quen arrivant a Paris jaye quelquune de vot nouvelles. Je ne puis qu'aler descendre a S* Martin des Champs ou jescris aujourdhuy que j'y arrivcray avec laide du Seigneur samedi prochain. Je ne dis autre chose au supérieur gnl de notre observance sinon que jay quelques éclaircissements a donner sur quelques affaires assez importantes et je le prie de dire dans le cloitre et «lescrire que je suis parti par ordre de mes supérieurs. Je finis en vous asseurant quon ne peut être avec plus de respect et de confience que je suis,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
D. Joseph de Peint
Nous n'avons d'autres renseignements sur la façon dont le duc d'Orléans reçut le Père de Peint, et sur la mission confidentielle dont ce dernier était chargé par le Souverain Pontife ou le cardinal Sacripante que ceux fournis par une lettre de l'abbé d'Auvergne au cardinal de La Trémoille, et par la note suivante, écrite de la main du secrétaire Doublet.