‹ Un progrès en lutherieChapitre 8 sur 17 · GASPARD DA SALO · texte numérisé non relu

GASPARD DA SALO

Avant. Gaspard da Salô, le violon semble être inconnu ; il existe tant de contradictions et si peu de preuves solides, que. pour ma part, je n'hésite pas d'attribuer à ce luthier l'invention du violon. De la violetta au violini français, il n'y avait qu'un pas à franchir, car le violon attribué à Kerlino. n'était à tout prendre qu'une violetta transformée, ou une espèce de rebec nommé Geige.

La majorité des auteurs reconnaissent Gaspard da Sale comme le fondateur de la lutherie en Italie, telle qu'elle s'est conservée comme type, tout en se perfec-

1) Vidal vol. I, page 90.

tionnant par le talent des Amati, Guarneri, Stradivari et Stainer; et ainsi que je l'ai dit, ce n'est pas l'histoire de chaque luthier que j'ai entreprise, mais l'exposé des études comparatives et successives qui m'ont amené à la découverte des supports harmoniques.

ÉTUDE SUR MAGINI.

J'ai eu entre les mains, pour mes études, un violon de Magini. Je fis passablement de copies d'après ce modèle, car j'affectionnais beaucoup l'original, surtout pour la douceur du son, qui m'était très-sympathique. J'ai ouvert à plusieurs reprises cet instrument qui a été longtemps ma propriété, pour faire diverses expériences et pour en relever exactement les proportions. Voir planche II.

Magini fit deux modèles de violons, l'un moyen format, l'autre de très-grandes proportions, celles à peu près d'un alto de Stainer.

La voix grave des instruments de Magini est due tout particulièrement à la conformation des voûtes de la table et du fond, lesquelles nécessitaient des éclisses dont l'élévation ne dépassait pas 22 m/m. J'avais espéré qu'en changeant les éclisses contre d'autres plus élevées, les sons de mon instrument gagneraient en puissance, mais ce fut le contraire, les sons restaient en dedans.

PAR N. E. SIMOUTRE A BALE 43

Toutes les tentatives que je fis pour en augmenter la sonorité furent infructueuses^ et je fus obligé pour retrouver la qualité primitive, de le rétablir sur ses véritables éclisses.

Ce fait seul prouve que ce luthier avait fait de ses proportions une étude très-sérieuse; moi-même, j'ai répété cette expérience nombre de fois sur des copies, et je n'ai pu obtenir un résultat satisfaisant, qu'en changeant la disposition des épaisseurs de la table et du fond, ou en donnant moins de rondeur aux voûtes.

Le centre de la table de cet instrument est de S'/î m/m; 3 m/m dans les joues. Cette épaisseur était conservée dans presque toute la superficie, elle ne diminuait que très-insensiblement vers les extrémités, qui n'étaient que de 2 '/a m/m, pour renfler rapidement vers les bords, et reprendre sur ces derniers 3 Va m/m.

J'ai retrouvé les mêmes proportions à un violon du même maître, violon qui est la propriété des H^^ Pères Bénédictins d'Einsiedeln, et sur un autre, qui est celle de M-^ le Prof D' Bischoff de Bâle.

Observation. Cette diminution dans l'épaisseur vers les extrémités est indispensable pour faciliter les vibrations, et la même remarque est à faire sur tous les bons instruments anciens ou modernes.

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