HERDER, WIELAND ET GOETHE
WiELAND avait été le premier à recevoir Herder à Weimar. Il continua de lui montrer le même empressement. Tout, chez lui, partait du cœur ; il avait Tamitié prompte, Tadmiration facile. Le 7 octobre 1776, il écrivait à Merck : « Herder et sa chère Eve sont ici depuis une semaine. A notre première rencontre, mon cœur a volé au-devant de lui, et maintenant, toutes les fois que je le vois, je voudrais faire de lui le représentant du Christ sur la terre et le chet suprême de la Ecclesia Catholica. Weimar n'est pas un lieu digne de lui ; cependant, s'il peut se sentir à peu près bien chez nous, Weimar vaut n'importe quel
autre endroit du globe. Même, si Tidée de Gœthe se réalise, Weimar sera bientôt le mont Ararat, où tous les bons esprits pourront prendre pied, tandis que le déluge envahira le reste de l'Allemagne. Que dis-je? j'espère bien que notre Seigneur Dieu ne haïra jamais l'humanité au point de ne pas laisser çà et là un ou deux ou trois individus qui puissent empêcher la masse grossière de se corrompre tout à fait. »
Après les deux hommes, les deux familles se rapprochèrent. Le 17 octobre, Wieland écrit encore à Merck : « Entre Herder et moi, sa femme et la mienne, son petit garçon et ma fillette, il s'est formé rapidement une bonne intimité, qui, je l'espère, durera. Je pense que lui-même, dans ce qu'il pourra vous en dire à l'occasion, ne me donnera pas un démenti. Jusqu'ici nous nous entendons bien, et pourquoi ne nous entendrions-nous pas toujours ainsi, puisque je suis toujours prêt à le reconnaître comme primus inter