‹ Un Prussien libéré; Herder, sa vie et son œuvreChapitre 5 sur 25 · MOHRUNGEN · texte numérisé non relu

MOHRUNGEN

JOHANN-GoTTFRiED Herder est né le 25 août 1744, à la dernière heure du jour, « un enfant de minuit », comme il disait. Son lieu de naissance est la petite ville de Mohrungen, dans la Prusse Orientale ; elle tire son nom des marais qui l'environnent. Tout autour, la vue s'étend sur des terrains plats et humides; mais des bouquets de pins jettent çà et là une note gaie dans la monotonie du paysage. La population, qui était à peu près de dix-huit cents habitants (elle a plus que doublé depuis), vivait de jardinage et du commerce des toiles. Les restes du vieux château perpétuaient encore, à la fin du dix-huitième siècle,

le souvenir des chevaliers teutons, qui s'étaient établis là pour opposer une barrière aux incursions des Prussiens barbares.

Le grand-père de Herder était originaire de la Silésie, d'oii il avait fui, étant protestant, pour échapper à la persécution religieuse. Son fils, le père de Fécrivain, ayant perdu sa première femme, se remaria avec la fille d'un maréchal ferrant de Mohrungen, Anna Elisabeth Pelz. Il prit d'abord le métier des gens du pays, et fabriqua de la toile ; puis, comme il avait une intelligence plus qu'ordinaire, il devint chanteur, sonneur de cloches, sacristain, et fut même chargé d'une école de filles. Il avait sa petite maison, avec un jardin, à côté de l'égUse. Il eut cinq enfants, dont deux moururent en bas âge ; il lui resta, outre Johann- Gottfried, deux filles, qui épousèrent deux artisans de Mohrungen.

Il y avait, entre les parents de Herder, un contraste semblable à celui qui existait entre les parents de Gœthe, quoique la différence des

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