‹ Un Représentant en Mission dans ses Rapports avec la Convention et le Comité de Salut Public: Étienne MaignetChapitre 16 sur 27 · NO · texte numérisé non relu

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le lui répéter et de l’exiger d'elle. Plus vous ferez envers Marseille, plus j'aurai le droit de lui demander. Ne perdez pas un instant pour me faire connaître vos dernières intentions. Comptez sur mon dévouement entier à la chose publique... » (1)

On ne peut qu’approuver Maignet d’avoir tenu ce langage ferme et modéré, digne d’un grand politique. Son mérite est d'autant plus remarquable qu'il persévère avec plus d'énergie dans son attitude.

« Les lettres dont je vous envoie copie, dit-il au Comité de Salut Public, dans un message du 21 Pluviôse, vous prouveront que nos collègues persistent dans leur arrêté pour la suppression du nom de Marseille. J’ai besoin maintenant, que vous m'autorisiez formellement à faire, dans cet arrêté, les changements que vous leur proposiez. Je crois, comme vous, qu’il est politique de donner cette satisfaction aux patriotes Marseillais... » (2)

Il insiste encore avec plus de force dans la lettre du 1e Ventôse, adressée également au Comité de Salut Public :

« Il est urgent, s’écrie-t-il, d'effacer enfin cette ligne de démarcation. entre les’ patriotes de Marseille et ceux des autres communes de la République. Prononcez, citoyens, que Marseille conservera son nom et vous rendez la vie à tous les patriotes.….. Tant que vous laissez cette commune sans nom, tant que vous annoncerez à la République entière qu'elle n'est même pas digne d'occuper une place dans la nomenclature républicaine, ne vous attendez qu’à voir trouble et confusion dans ses murs. Rendez-la à l’honneur et vous pouvez tout attendre de ce sentiment... «(3)

(1) Archives nationales. A. F. II, 186.

(2) Archives nationales. A. F. II, carton 91, dossier Maignet, (3) Archives nationales. Ibidem.

Quelques jours avant que cette lettre ne fut écrite, la Convention avait donné gain de cause à Maïgnet, avocat de Marseille, contre Barras et Fréron, ses accusateurs. Par un décret du 24 Pluviôse (2 Février 1794), elle avait annulé la décision de ses Représentants et maintenu son appellation séculaire à la cité phocéenne. Alors le calme put être rétabli.

Maignet fut félicité. Ses collègues du Comité lui écrivirent, le 1 Ventôse, de manière à lui faire comprendre qu’il avait réalisé leurs vœux.

« Le Comité de Salut Public, lui disent-ils, applaudit avec plaisir à la conduite que tu as tenue dans les circonstances où tu t'es trouvé placé ; elle lui a paru apporter avec elle le caractère de la sagesse qui ne doit jamais abandonner

un Représentant du Peuple. Il ne peut que louer ta délicatesse à l'égard de nos collègues. Ils ont rendu de grands services, c'est pour faire éclater le désir de les imiter que de savoir les reconnaître. Continue avec [le même zèle. Le Comité s’en réfère à ta prudence pour toutes les mesures que tu croiras utiles.

De Comité.-n'écrit point à Barras et à Fréron ils ont demandé leur retour avec instance, ïil les suppose déjà partis; s’il en était autrement, tu voudras bien leur com-

muniquer cette lettre. »

Collot-d'Herbois, St Just. (:)

(x) Archives nationales. Ibidem.

SECTION II

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